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AFRIQUE DU SUD : EFFONDREMENT DE L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE AU 2È TRIMESTRE

Source : finance-investissement.com

Selon le Bureau national des statistiques, l’économie sud-africaine, déjà en récession, a enregistré une chute sans précédent au cours du deuxième trimestre de 2020 sous l’effet de la pandémie de la COVID-19 et du confinement de la population. L’activité économique s’est contractée de 51 % sur un an au 2ème trimestre de 2020, après un repli de 1,8 % au trimestre précédent.

Pour l’ensemble de l’année 2019, l’économie a progressé de 0,2 %, après 0,8 % en 2018. Il s’agit de la plus faible croissance enregistrée en Afrique du Sud depuis la crise financière mondiale de 2008.

Depuis quelques années, l’économie sud-africaine est confrontée à une détérioration des finances publiques, à un taux de chômage de près de 30 % et à des pannes d’électricité à répétition qui minent la confiance des investisseurs.

Neuf industries sur dix se sont contractées

Les secteurs de la construction (-76,6 %), de l’industrie (-74,9 %), des mines (-73,1 %), du transport (-67,9 %) et du commerce (-67,6 %) ont été les plus touchés.

Seule, l’agriculture a enregistré une progression positive de 15,1 %, soutenue par les exportations de maïs et une hausse de la demande extérieure des agrumes.

Contraction des dépenses des ménages

Les mesures de confinement mises en place depuis la fin mars 2020 pour freiner la propagation de la COVID-19 ont freiné la demande des ménages. Les dépenses se sont effondrées dans des secteurs de la restauration et des hôtels (-99,9 %), des boissons et du tabac (-92,4 %), de l’habillement (-91,5 %), de la culture et du loisir (-86,0 %, du transport (-71,4 %), de l’équipement (-58,2 %) et des aliments (-28,6 %).

Toutefois, les dépenses en éducation (+1,1 %), en logement (+1,5 %) et en communication (+3,6 %) ont enregistré une progression.

Évolution de la pandémie de COVID-19

L’Afrique du Sud se classe au 8ème rang dans le monde parmi les pays les plus affectés avec 655 572 cas confirmés dont 15 772 décès.

MALI: UN COUP D’ÉTAT DANS UN CONTEXTE D’INSTABILITÉ SÉCURITAIRE, SOCIALE ET ÉCONOMIQUE

Des manifestants à Bamako exigeant le départ du président Ibrahim Boubakar Keita
Source : Lepoint.fr

Le Mali est un pays enclavé avec une population de plus de 20 millions d’habitants et une économie peu diversifiée, vulnérable aux aléas climatiques et aux chocs externes. Depuis le coup d’État militaire de 2012, le pays fait face à une situation d’instabilité alimentée par des violences des groupes djihadistes et des conflits communautaires.

Depuis le début de juin 2020, un mouvement de contestation populaire exigeait le départ du président Ibrahim Boubakar Keita, l’accusant de mauvaise gouvernance.

Le 23 juillet 2020, une mission de médiation de la communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), composée de chefs d’États et plusieurs autres personnalités, qui visait l’apaisement du climat sociopolitique au mali a échoué.

Dans la nuit du 18 au 19 août 2020, le président Ibrahim Boubakar Keita dont le second mandat de 5 ans devait s’achever en 2023, a été renversé du pouvoir par les militaires réunis au sein du Conseil National du Salut du Peuple (CNSP).

Réaction de la communauté internationale

Plusieurs membres de la communauté internationale, principalement les États-Unis, la France, l’Union européenne et le Canada ont condamné la prise du pouvoir par la force et exigé le rétablissement de l’ordre constitutionnel et des institutions démocratiques.

Dans la région, l’Union africaine a suspendu le Mali de l’organisation jusqu’au retour de l’ordre constitutionnel et a demandé la libération du président Boubacar Keita, du premier ministre et des autres responsables du gouvernement arrêtés par l’armée.

La CEDEAO a initialement suspendu le Mali de tous ses organes de décision et a annoncé la fermeture de toutes les frontières terrestres et aériennes ainsi que l’arrêt de toutes les transactions économiques et financières entre le Mali et les autres pays membres.  Après avoir dépêché une délégation à Bamako dont la mission était d’« œuvrer au retour rapide de l’ordre constitutionnel », l’organisation sous régionale semble avoir adouci sa position tout en indiquant que le retour à l’ordre constitutionnel demeure prioritaire pour les Chefs d’État. Par ailleurs, les agences de la BCEAO au Mali ont rouvert hier le 24 août afin d’atténuer une crise potentielle de liquidité.

Une situation sanitaire difficile

Le Mali a enregistré son premier cas de contamination à la COVID-19 le 25 mars 2020, en date du 25 août 2020, on dénombre 2 708 cas de contaminations à la COVID-19 dont 125 décès.

Pour lutter contre la COVID19, le gouvernement malien a mis en en place des mesures monétaires et budgétaires totalisant un montant de plus de 500 milliards de francs CFA (environ 900 millions de dollars américains).

Une contraction économique attendue en 2020

Au-delà du bilan sanitaire, la pandémie a causé une crise économique majeure. Sous l’effet de la pandémie de la COVID-19 et de l’instabilité politique, l’économie malienne devrait se contracter de 1 % en 2020, après une hausse de 5,1 % en 2019. Il s’agit de la pire contraction de l’économie malienne depuis le début des années 90.

Fortement dépendante de l’or et du coton, l’activité économique au Mali sera soutenue par la hausse des cours de l’or et profitera de la baisse des cours du pétrole.

Au cours de la période 2001-2011, l’économie malienne a enregistré une croissance vigoureuse avec une progression moyenne du PIB réel de 5,6 % et une hausse du niveau de vie de 2,3 % sur cette période.

Cette embellie économique a été interrompue par une sécheresse en 2011, suivie d’un coup d’État en 2012, l’économie s’est contractée de 0,7 % entraînant une baisse du niveau de vie de 3,7 %.

Sur la période 2012-2019, la croissance économique moyenne a fléchi à 4,5 % et le PIB par habitant à 1,5 %.

AFRIQUE : BILAN DE L’ÉPIDÉMIE DU COVID-19 AU 08 AOUT 2020

Maiduguri Hospital in Nigeria – Source : Alyona Synenko/ICRC

En date du 8 aout 2020, la COVID-19 a contaminé plus de 19 456 496 personnes et fait plus de 722 937 morts sur les cinq continents selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Université John Hopkins.

En Afrique, la pandémie s’accélère

Le continent africain, épargné au début, est de plus en plus touché. On y dénombre 1 012 793 cas de contaminations confirmés dans plus de 50 pays et 22 102 décès.

Alors qu’il a fallu quatre mois (120 jours) pour atteindre la barre des
400 000 cas confirmés de contamination, 30 jours du mois de juillet ont suffi pour franchir le cap de 950 000 cas et rien n’indique que le pic de la pandémie est atteint.  

De plus, en raison de ressources limitées notamment en équipement de test, il y aurait lieu de penser que ces statistiques sous-estiment les cas réels de contamination.

Enfin, l’OMS a prévenu que le nouveau coronavirus va « accompagner le continent pendant un certain temps » à l’heure où les gouvernements ont commencé à assouplir leurs mesures de confinement.