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AFRIQUE DU SUD : UNE SECONDE RÉCESSION EN DEUX ANS

Source : Investissements.Lesechos.fr

Selon le Bureau national des statistiques en du Sud, l’économie a replongé dans une deuxième récession en deux ans. Elle s’est contractée de 1,4 % au 4ème trimestre de 2019, après un repli de 0,8 % au trimestre précédent.

L’Afrique du Sud avait enregistré sa première récession post-1994 lors de la crise mondiale de 2008. Une récession économique étant définie comme deux trimestres consécutifs de recul de l’activité économique.

Pour l’ensemble de l’année 2019, l’économie a progressé de 0,2 %, après 0,8 % en 2018. Il s’agit de la plus faible enregistrée en Afrique du Sud depuis la crise financière mondiale de 2008.

Depuis quelques années, l’économie sud-africaine est confrontée à une détérioration des finances publiques, à un taux de chômage de près de 30 % et à des pannes d’électricité à répétition qui minent la confiance des investisseurs.

Sept industries sur dix se sont contractées

L’agriculture (-7,6 %), affectée par une sécheresse, les transports (-7,2 %), la construction (-5,9 %), l’électricité (-4,0 %) et le commerce (-3,8 %) ont été les plus touchés.

Seuls, trois secteurs ont enregistré une hausse de l’activité. Il s’agit des services financiers (+2,7 %), des mines (+1,8 %) et des services personnels (+0,7 %).

Une détérioration de la conjoncture mondiale

La récession en Afrique du Sud arrive au mauvais moment alors que l’économie mondiale est menacée par l’épidémie du coronavirus (COVID-19) et que l’invasion des criquets pèlerins et les catastrophes naturelles freinent l’activité économique en Afrique.

AFRIQUE : « IL NE SUFFIT PAS DE SE CONCENTRER UNIQUEMENT SUR LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE »

Dar es Salaam Source : flickr.com

Un rapport des Nations Unies intitulé : « Situation et perspectives de l’économie mondiale », publié le 16 janvier 2020 montre que la économique sur le demeure insuffisante pour améliorer le niveau de vie de la population.

En 2019, l’expansion économique en s’est établie à 2,9 % en 2019, freinée par le ralentissement de l’économie mondiale, la persistance des effets de la baisse des cours des matières premières, les conflits, l’instabilité sociale, l’insécurité et la faiblesse des institutions.

Les perspectives demeurent favorables avec une expansion économique de 3,2 % en 2020 et de 3,5 % en 2021, ce qui demeure encore en dessous du potentiel du continent.

Une croissance non inclusive est une source de mécontentement de plus en plus important

Dans plusieurs pays africains, l’amélioration du niveau de vie de la population affiche une stagnation depuis plusieurs années malgré deux décennies de croissance. Les inégalités et le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté (moins de 1,9 dollars par jour) continuent d’augmenter.

Selon les auteurs du rapport, la réduction de la pauvreté extrême nécessite une accélération substantielle de la croissance, et un renforcement du lien entre la croissance et la création d’emplois, conjuguée à une réduction des inégalités et à la mise en œuvre de systèmes de protection sociale.

Dans plusieurs pays, la qualité de vie continue d’être affectée par la crise climatique, la persistance de fortes inégalités, la sous-alimentation et la hausse de l’insécurité, d’où l’importance de ne pas se concentrer uniquement sur la croissance économique.

Concrètement le rapport recommande aux décideurs de viser la promotion du bien-être dans tous les segments de la société, principalement en investissant dans les projets de développement durable pour promouvoir l’éducation, les énergies renouvelables et des infrastructures résilientes.

Selon l’ONU, l’éradication de la pauvreté dans la plupart des pays africains nécessiterait une croissance annuelle par habitant de plus de 8 %, comparativement au taux moyen de 0,5 % au cours de la dernière décennie.

Des taux de croissance inégaux entre les sous régions africaines

Selon les Nations Unies, les situations économiques divergent considérablement entre les sous régions africaines.

L’activité économique demeure solide en Afrique de l’Est avec une croissance de 6 % en 2020, soutenue par les investissements en infrastructures et les bonnes performances économiques en Éthiopie, au , au , en et au . L’amélioration du niveau de vie de la population devrait s’établir à 3,2 % en 2020.

En Afrique du Nord, l’expansion économique se poursuit, soutenue par les bonnes performances économiques de l’Égypte, de et de la ainsi qu’une amélioration au . Une croissance de 3,6 % est attendue en 2020 et une hausse du niveau de vie de 1,7 %.

En Afrique de l’Ouest, la morosité de l’économie nigériane tire vers le bas la croissance de la sous-région. Toutefois, les pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le , le , la Guinée et le Bénin affichent des croissances robustes. La croissance économique devrait se stabiliser à 3,6 % en 2020.

La croissance demeure largement en berne en Afrique centrale plombée par la chute des cours du pétrole et la faible diversification des économies de la région à l’exception du . L’expansion économique moyenne devrait atteindre 2,9 % en 2020, avec une stagnation du niveau de vie de la population

En Afrique australe, la croissance économique demeure poussive en raison des difficultés économiques en Afrique du Sud et de l’impact des changements climatiques dans d’autres pays de la région. Avec une croissance attendue de 0,9 % en 2020, le niveau de vie de la population devrait se contracter de 1,3 %.

ÉCONOMIE AFRICAINE EN 2020 : UNE REPRISE FRAGILE DANS UN CONTEXTE DE FAIBLE PRODUCTIVITÉ ET D’ENDENTEMENT ÉLEVÉ

Port de Zanzibar en

La Banque mondiale a publié le 08 janvier ses « Perspectives économiques mondiales », dans lesquelles elle prévoit une accélération de la en subsaharienne à 2,9 % en 2020, après un ralentissement à 2,4 % en 2019.  La croissance (mesurée en parité de pouvoir d’achat (PPA) s’établira à 3,1 % en 2020 contre une hausse de 2,7 % en 2019. Par la suite la croissance économique se stabilisera à 3,3 % en 2021 et à 3,5 % en 2022.

Selon l’institution, l’accélération de la croissance régionale dépendra principalement de l’amélioration de la confiance des investisseurs, de l’atténuation des goulets d’étranglement énergétiques et de la reprise économique dans les pays exportateurs de pétrole.

Les prévisions sont plus faibles que prévu, en raison du fléchissement de la demande des principaux partenaires commerciaux, de la baisse des prix des produits de base et de l’évolution défavorable de la situation intérieure dans plusieurs pays.

Une lente reprise dans les grandes économies africaines

En Afrique du Sud, la croissance a ralenti en 2019 à 0,4 %, pénalisée par l’incertitude politique, les difficultés énergétiques et une faible demande externe. En 2020, la croissance devrait s’accélérer pour atteindre 0,9 %, à condition que le programme de réforme de la nouvelle administration s’intensifie, que les incertitudes politiques diminuent et que les investissements reprennent progressivement.

Au Nigéria, l’activité économique progresse lentement après une hausse de 2 % en 2019. La croissance devrait ressortir à 2,1 % en 2020 en raison de la faible confiance des investisseurs dans le cadre macroéconomique.

En , l’activité économique s’est contractée de 0,7 % en 2019 sous l’effet de la baisse de la production pétrolière. En 2020, la croissance devrait s’accélérer pour atteindre 1,5 %, sous réserve que les réformes en cours assurent une plus grande stabilité macroéconomique, améliorent l’environnement des affaires et soutiennent l’investissement privé.

Un nombre croissant de pays avec une croissance robuste

Au-delà de la moyenne, un nombre croissant de pays enregistrent des taux de croissance appréciables en raison de la hausse des investissements dans les mines ou dans les infrastructures, ainsi que des réformes structurelles. En 2020, 21 pays anticipent une croissance économique de 5 % ou plus, en hausse par rapport à 18 pays en 2019.

La faiblesse du niveau de vie et de la productivité freine la lutte contre la pauvreté

Au cours des dernières années, le niveau de vie moyen en Afrique a reculé principalement en raison d’une forte croissance de la population et d’une faible productivité. Toutefois, certains pays continuent d’afficher des progressions de niveaux de vie permettant de lutter contre la pauvreté, il s’agit principalement de la Côte d’Ivoire, de l’Éthiopie et du Sénégal.

L’endettement, les conflits et les aléas climatiques pourraient freiner la reprise 

La reprise économique anticipée en Afrique subsaharienne pourrait être affectée à la baisse par un ralentissement économique chez les principaux partenaires commerciaux notamment la Chine, l’Union européenne et les États-Unis.

Une incertitude sécuritaire liée aux conflits internes dans plusieurs pays (, , , Éthiopie, , Nigéria) pourrait freiner la reprise économique.

Par ailleurs, la hausse rapide de l’endettement dans certains pays (Angola, , , , , Afrique du Sud…) pourrait augmenter l’aversion au risque et peser lourdement sur l’activité économique.

Enfin, les risques liés à la persistance de la sécheresse pourraient affecter l’activité économique dans certaines régions.