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PLONGEON DES INVESTISSEMENTS DIRECTS ÉTRANGERS EN AFRIQUE: EST-CE GRAVE?

Plongeon des investissements directs étrangers en  : est- ce grave?

Selon un rapport de la  Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) intitulé « Global Investment Trends Monitor », les investissements directs étrangers (IDE) en Afrique ont reculé de plus de 31 % à 38 milliards de dollars en 2015 contre 55 milliards en 2014, 56 milliards en 2013.

  • Ce recul s’explique par la fin du boom des matières premières.

IDE

Alors que les flux d’IDE vers l’Afrique du Nord ont augmenté, ceux de l’Afrique subsaharienne ont reculé.

  • En l’Égypte, les IDE ont atteint 6,7 milliards en 2015, contre 4,3 milliards en 2014.
  • En Afrique du Sud, les IDE ont plongé de 74 % à 1,5 milliard de dollars.
  • Au Nigéria, les IDE ont baissé de 27 % à 3,4 milliards de dollars à cause du pétrole.
  • Au , la chute a été de 21 % à 3,8 milliards de dollars.

La bonne nouvelle concernant l’Afrique, est la forte progression des fusions et acquisitions en 2015.

  • Les fusions et acquisitions transnationales ont bondi 303,6 % en 2015 à 20,4 milliards de dollars, contre 5,1 milliard de dollars fin 2014.

À l’échelle mondiale, les IDE ont progressé de 36 % en 2015 pour atteindre 1 700 milliards de dollars.

Toutefois, les perspectives pour 2016 sont décevantes, les flux d’IDE devraient reculer en 2016 à cause principalement de la fragilité de l’économie mondiale, de la volatilité des marchés financiers mondiaux, de la faiblesse de la demande globale et du ralentissement dans certaines grandes économies de marché émergentes

Flux des investissemnets directs étrangers

(en milliards de dollars, sauf indication contraire)

  2014 2015 (%)
Monde 1 245 1 699 36,5
·       Économies avancées 493 936 89,9
·       Économies en développement 703 741 5,3
–       Afrique 55 38 -31,4
–       Amérique latine 170 151 -11,2
–       Asie en développement 475 548 15,5
·       Économies en transition 49 22 -54,1

Source : CNUCED.

 

 

 

 

RÉGION VEDETTE: UNION ÉCONOMIQUE ET MONÉTAIRE OUEST-AFRICAINE (UEMOA)

 

UEMOA-région vedette

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les discussions annuelles sur les politiques communes des États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine ().

Faits marquants :

·          Bien que la situation reste fragile sur le plan de la sécurité et du point de vue politique dans certains États membres, la économique a atteint 6,1 % en 2014 grâce à la poursuite d’une croissance vigoureuse en Côte d’Ivoire et à une campagne agricole favorable dans de nombreux pays.

·          L’augmentation des investissements publics d’infrastructure a aussi stimulé l’activité économique.

·          Les effets de l’épidémie d’Ébola sur la croissance économique, bien que prononcés dans 3 pays, ont été faibles à l’échelle de l’UEMOA.

·          L’inflation des prix à la consommation et l’inflation sous-jacente ont été proches de zéro en 2014.

·          À moyen terme, la croissance économique devrait se maintenir au-dessus de 6 %, grâce au dynamisme persistant de l’investissement des secteurs public et privé, et bénéficier de l’affaiblissement de l’euro (€), auquel le franc CFA est rattaché, ainsi que de la baisse des cours internationaux du pétrole.

·          Le déficit budgétaire global (dons compris) s’est établi à 4,6 % du PIB en 2014, contre 3,1 % en 2013, sous l’effet de l’augmentation des investissements publics réalisés pour remédier au manque d’infrastructures dans certains pays.

·          Les recettes fiscales étant restées autour de 16 % du PIB, les pays se sont de plus en plus tournés vers le marché régional pour se financer.

·          Dans le même temps, la dette publique totale a légèrement diminué et s’est établie à 38,1 % du PIB.

·          Les tensions budgétaires ont persisté, mais le déficit extérieur courant (dons compris) est descendu à 7,3 % du PIB en 2014 sous l’effet surtout de la baisse des cours internationaux du pétrole.

·          Ainsi, les réserves internationales de la Banque Centrale des États de l’ de l’Ouest (BCEAO) ont légèrement progressé en 2014, jusqu’à couvrir 4,6 mois d’importations  après avoir diminué pendant trois années consécutives;

·          Cette augmentation a été à peu près contrebalancée par la diminution des avoirs extérieurs nets des banques commerciales;

·          Le crédit à l’économie a continué de croître à un rythme soutenu (14 % en 2014) et le crédit à l’État à un rythme encore plus rapide (24 %).

·          Fin juin 2014, le ratio de solvabilité des banques était supérieur en moyenne (9,3 %) au minimum requis (8 %), mais il y était inférieur dans la moitié des pays;

·          Les créances improductives ont atteint 15,7 % du total des prêts.

·          Les administrateurs du FMI insistent sur l’importance de poursuivre les réformes structurelles pour rehausser la croissance économique, faire en sorte qu’elle profite à un plus grand nombre et rendre la région plus résiliente face aux chocs.

·          Ils appuient le programme d’action prévu par les autorités pour faire avancer l’intégration régionale, notamment en améliorant les infrastructures régionales et en assurant un approvisionnement en énergie plus fiable et meilleur marché, et pour améliorer l’accès aux services financiers, mettre en valeur le capital humain et renforcer la .

 

 

Principaux indicateurs économiques et financiers, UEMOA – FMI (mars 2015)

(Variation en pourcentage et en % du PIB)

2013 2014 2015p 2016p
PIB à prix constants 5,8 6,1 6,2 6,5
PIB par habitant 2,7 3,1 3,0 3,2
Inflation 1,4 0,0 1,5 1,8
Solde budgétaire1 -3,1 – 4,6 -4,1 -3,8
Dette publique1 38,9 38,4 41,3 41,7
Recettes totales1 18,8 18,5 18,9 19,2
Dépenses totales1 24,7 25,8 25,8 25,8
Solde courant1 -8,1 -7,3 -7,3 -7,9
Exportation de B&S1 26,0 25,6 26,0 25,3
Importations de B&S1 37,1 36,9 35,3 34,4

P :   Prévision.

(1)   pourcentage du PIB.

Sources :   Fonds monétaire international et Eurostat.

 

http://www.imf.org/external/french/np/sec/pr/2015/pr15139f.htm

27 mars 2015