Afriquenmemoire Maîtrise de l'Économie, Modernisation des Institutions et Rigueur pour l'Essor de l'Afrique

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AFRIQUE SUBSAHARIENNE : UNE REPRISE ÉCONOMIQUE FRAGILE

La Banque mondiale a publié cette semaine ses « Perspectives économiques mondiales », dans lesquelles elle prévoit une accélération de la en subsaharienne à 3,2 % en 2018, après une hausse de 2,4 % en 2017.  Par la suite la croissance économique se stabilisera à 3,5 % en 2019 et à 3,6 % en 2020.

La croissance (mesurée en parité de pouvoir d’achat (PPA) s’établira à 3,5 % en 2018 contre une hausse de 2,7 % en 2017. En 2019 et 2020, la croissance est attendue à 3,7 % et 3,8 % respectivement.

Selon l’institution, cette croissance sera soutenue par le raffermissement du prix des produits de base et un renforcement graduel de la demande domestique à la suite de la mise en œuvre des réformes.

Toutefois, il subsiste des risques de détérioration de la conjoncture africaine, notamment : un ralentissement de l’économie chinoise, une baisse des prix des produits de base, une augmentation plus forte que prévu des taux d’intérêt mondiaux et des mesures insuffisantes pour améliorer la dynamique de la dette.

Une reprise modeste  qui n’améliore pas suffisamment le niveau de vie de la population

Avec une croissance économique moyenne  à peine supérieure à la croissance de la population, il sera très difficile de lutter contre la pauvreté et améliorer le niveau de vie de la population. Après trois années de contraction du niveau de vie entre 2015 (-0,4 %) et 2017 (-0,3 %). La croissance du PIB par habitant est attendue en territoire positif avec une croissance atone de 0,5 % en 2018. La Banque mondiale anticipe une progression du PIB par habitant de 0,8 % et 0,9 % en 2019 et en 2020 respectivement.

Une croissance économique à plusieurs vitesses

Les grandes économies du   continuent de subir les effets de la baisse des cours des produits de base, malgré quelques améliorations. L’Afrique du Sud devrait voir son taux de croissance passer de 0,8 % en 2017 à 1,1 % en 2018. Au Nigéria, la croissance devrait s’accélérer à 2,5 % en 2018, contre 1 % l’année dernière.

Huit pays devraient afficher une croissance économique supérieure à 6 % en 2018. Il s’agit du (8,3 %), de l’Éthiopie (8,2 %), de la Côte d’Ivoire (7,2 %), du Sénégal (6,9 %), de la (6,8 %), de la Sierra Léone (6,3 %), du Bénin (6,0 %) et du (6,0).

Source: Banque mondiale

 

AFRIQUE SUBSAHARIENNE : UNE REPRISE DE LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE INSUFFISANTE POUR AMÉLIORER LE NIVEAU DE VIE

Source: .latribune.fr

Le Fonds monétaire internationale (FMI), dans ses Perspectives de l’économie mondiale d’octobre 2017 estime que la reprise économique en Afrique subsaharienne se raffermit après le ralentissement économique de 2016.

Une reprise économique avec plusieurs vitesses dans le court terme 

En Afrique subsaharienne, la devrait s’établir à 2,6 % en 2017 et à 3,4 % en 2018. Ainsi, les principaux producteurs de pétrole sortiront des zones de contraction pour retrouver la croissance, principalement le Nigéria (+0,8 %) en 2017 et l’  (1,5 %) en 2017. En Afrique du Sud, la croissance continue d’être freinée par l’incertitude politique, le PIB réel progressera de 0,7 % en 2017.

Quant aux pays moins dotés en ressources naturelles, certains devraient enregistrer une croissance soutenue en 2017, grâce à la vigueur de la demande intérieure et des investissements dans les infrastructures publics. Il s’agit notamment de l’Éthiopie    (+8,5 %), de la Côte d’Ivoire (+7,6 %), du Sénégal (6,8 %) et de la (+6,5 %).

En passant, l’organisme rappelle qu’une croissance robuste ne s’est pas toujours traduite par une amélioration des équilibres budgétaires et courants, faute de politiques anticycliques.

D’importants risques pèsent sur l’amélioration du niveau de vie de  la population africaine 

Parmi les principaux risques qui pèsent sur l’activité économique en Afrique, le FMI mentionne les effets des catastrophes climatiques, l’intensification de la sécheresse en Afrique orientale et australe et l’insécurité alimentaire.

Par ailleurs, la hausse de l’endettement public et du service de la dette nuisent à la capacité des gouvernements d’offrir les services à la population.

D’autres facteurs pèsent sur la croissance économique, notamment la mauvaise et la corruption qui affaiblissent la confiance, le soutien de la population et la cohésion sociale.

Comment combler les déficits d’infrastructures sans alourdir l’endettement? 

En Afrique subsaharienne, l’insuffisance des infrastructures constitue un frein à la croissance économique. Or, les investissements en infrastructures nécessitent des dépenses budgétaires importantes que les budgets des pays africains ne peuvent pas couvrir sans recourir à l’endettement public.

Constatant que la dette publique et le service de la dette ont beaucoup augmenté au cours des dernières années, le FMI recommande aux pays de cibler des projets dans les infrastructures qui offrent des gains de productivité élevées et un renforcement de la gestion de la dette.

AFRIQUE SUBSAHARIENNE: AFRIQUE SUBSAHARIENNE: RETOUR DU SURENDETTEMENT EN CONTEXTE DE DÉGRADATION DE LA GOUVERNANCE

dette-publique                                                                                                           source: gyk-mouvement.com

L’indicateur le plus utilisé pour mesurer le fardeau de la dette publique dans l’économie est la dette publique brute rapportée au Produit intérieur brut (PIB). Toutefois, un tel indicateur pourrait ne pas refléter le risque réel de l’endettement public dans le contexte des pays où l’économie informelle représente une forte proportion du PIB. C’est ce qui ressort d’un article du Financial Times commentant les récents travaux du Fonds monétaire international, de l’agence de notation Fitch ratings et de Capital Economics.

Selon l’article, un pays ayant un secteur informel important aura de la difficulté à rembourser sa dette étant donné que les revenus  provenant du secteur formel sont faibles. Ainsi, le ratio dette publique brute /PIB du secteur formel offre un meilleur indicateur de la capacité des pays à prélever les revenus pour rembourser la dette.

En utilisant le ratio dette publique rapportée au PIB, le taux d’endettement des pays africains semble relativement gérable, il s’établit à 18,6 % du PIB au Nigéria contre     39 % en , 72 % au et en et 115,2 % au .

Toutefois, le portrait de l’endettement en subsaharienne est moins reluisant lorsque la dette publique est rapportée au PIB du secteur formel. Ainsi, le dette publique s’élève à 53,5 % du PIB formel au Nigéria, à 82,8 % du PIB formel en Tanzanie et à 180 % du PIB formel au Mozambique.

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Le Nigéria : un cas particulier avec un secteur informel estimé  à 65, 1 % du PIB

Au Nigéria, la taille du secteur informel est imposante. Le Fonds monétaire international l’estime à 65,1 % du PIB sur la période 2010-2014 contre une moyenne de 38 % en Afrique subsaharienne. Cette faiblesse du secteur formel (34,9 % du PIB) affecte négativement les recettes du gouvernement qui sont évaluées à seulement 5,3 % du PIB au Nigéria contre une moyenne de 16,9 % du PIB en Afrique subsaharienne.

L’utilisation du ratio dette publique / PIB du secteur formel fait passer le taux d’endettement du Nigéria de 18,6 % à 53,5 %, ce qui soulève des inquiétudes sur la viabilité de sa dette. Par ailleurs, lorsqu’on mesure la dette nigériane par rapport aux recettes du gouvernement, le taux dépasse 300 %, le seuil de viabilité de la dette, établi par le Programme de renforcement des capacités des pays pauvres très endettés du FMI et de la Banque mondiale.

Hausse de l’endettement dans une conjoncture économique difficile et une qualité de la en recul.

Le rapport CPIA de la Banque mondiale vient de dresser un état des lieux assez préoccupant de la gestion économique, des politiques structurelles, des politiques d’inclusion et d’équité ainsi que de la gestion du secteur public. Selon la Banque mondiale, il y a une dégradation de la qualité des politiques et des institutions, ajoutant qu’il est indéniable que la situation tend à se détériorer.

Dette publique des pays classés selon  le poids du secteur informel                                                                (en pourcentage du PIB total et du PIB secteur formel dans certains pays)

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AFRIQUE SUBSAHARIENNE : UNE REPRISE ATTENDUE MAIS INSUFFISANTE POUR AMÉLIORER LE NIVEAU DE VIE DE LA POPULATION

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La Banque mondiale, dans son édition de juin 2017 des Perspectives pour l’économie mondiale, anticipe que la économique en subsaharienne devrait s’accélérer pour s’établir à 2,6 % en 2017 et 3,2 % en 2018.

Selon la Banque mondiale, l’amélioration de la croissance en 2017 et 2018 découle en grande partie de la remontée des prix des matières premières ainsi que de réformes qui améliorent les conditions économiques.

L’institution est moins optimiste qu’en janvier 2017. La croissance a été revue à la baisse pour toutes les années de la période de prévision.  En 2017 et en 2018, les perspectives ont été abaissées (−0,3 point de pourcentage par rapport à janvier et −0,4 point de pourcentage par rapport à janvier) respectivement.

La faiblesse des perspectives africaines est tirée par la reprise timide des grandes économies comme le Nigéria (1,2 % en 2017 et 2,4 % en 2018), l’Afrique du Sud (0,6 % en 2017 et 1,1 % en 2018) et l’ (1,2 % en 2017 et 0,9 % en 2018).

Quant aux pays moins dotés en ressources naturelles, certains ont enregistré une croissance soutenue grâce à la vigueur de la demande intérieure et des investissements dans les infrastructures publics, à la résilience du secteur des services et à la reprise de la production agricole. Il s’agit principalement de l’Éthiopie (+8,3 % en 2017), de la (+7,2 %), de la Côte d’Ivoire (+6,8 %) et du Sénégal (6,7 %).

Le recul du niveau de vie met en péril les objectifs de lutte contre la pauvreté

Selon la prévision de la Banque mondiale, le niveau de vie mesuré par le Produit intérieur brut réel par habitant devrait poursuivre sa contraction en 2017 pour atteindre −0,1 % avant d’enregistrer une croissance modeste de 0,7 % sur la période 2018-2019. La Banque mondiale ajoute qu’à ce rythme, la croissance ne sera pas suffisante pour permettre l’atteinte des objectifs de réduction de la pauvreté.

La progression de l’endettement dans certains pays de la région inquiète

L’accroissement des déficits budgétaires et, dans certains cas, les fortes dépréciations des taux de change ont généré une hausse du niveau de la dette publique dans la région. La perspective d’une hausse de taux d’intérêt inquiète.

Selon la Banque mondiale, l’ampleur des emprunts non concessionnels pour le développement des infrastructures a entraîné une élévation des coûts du service de la dette dans plusieurs pays.

Le cas du est parmi les plus préoccupants, avec une dette publique qui est passée de 40 % du PIB, à environ 120 % entre 2013 et 2017.

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AFRIQUE SUBSAHARIENNE : LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE EN 2016 À SON PLUS BAS NIVEAU EN DEUX DÉCENNIES

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source: lejecos.com

Le Fonds monétaire internationale, dans ses nouvelles perspectives économiques régionales de mai 2017 estime que la économique en subsaharienne s’est fortement ralentie en 2016, tombant à un 1,4 % en moyenne.

Une croissance à plusieurs vitesses en Afrique subsaharienne 

Environ deux tiers des pays, qui représentent 83 % du PIB de la région, ont enregistré un ralentissement de leur croissance économique.

L’activité économique dans plusieurs pays riches en ressources naturelles s’est contractée, principalement au du Sud (-13,4%), en Guinée équatoriale (-10,0 ), au (-6,4 %), au (-2,7 %), au Nigéria (-1,5 %) et au Libéria (-1,2 %).        En , la croissance a stagné.

Dans certains pays, les effets de la faiblesse des cours des matières premières ont été aggravés par les difficultés internes, notamment la crise politique en Afrique du Sud (+0,3 %) et la sécheresse au (+0,5 %).

Dans d’autres pays, les facteurs internes ont contribué à soutenir la croissance, notamment au (+5,4 %) grâce aux dépenses d’investissement et à une politique monétaire accommodante  et en (+6,6 %) à la suite  de l’expansion du secteur minier et des services.

Quant aux pays moins dotés en ressources naturelles, certains ont enregistré une croissance soutenue grâce à la vigueur de la demande intérieure et des investissements dans les infrastructures publics. Il s’agit notamment de la Côte d’Ivoire (+7,5 %), de l’Éthiopie (+8,0 %), du Sénégal (6,6 %) et du (+6,0 %).

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INDICE MONDIAL DU BONHEUR : LES AFRICAINS SERAIENT LES MOINS HEUREUX

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Source: fr.123.rf.com

Selon l’édition 2017 du World Happiness Report,  commandé par les Nations-Unies,  seuls 6 pays africains se classent dans les 100 premiers pays où les citoyens sont les plus heureux. Parmi les dix pays où les citoyens se décrivent les plus malheureux, huit se situent en subsaharienne.

L’indice mondial du bonheur, portant sur 155 pays a été publié pour la première fois en 2012. Il se base sur 38 indicateurs dont six d’entre eux sont considérés comme étant objectifs. Il s’agit du PIB, de l’espérance de vie, de la confiance mesurée à travers la perception d’une absence de corruption dans le pays, du soutien social mesuré par l’appui de quelqu’un sur qui compter en cas de difficultés, de la générosité estimée à partir des dons reçus et de l’impression de liberté dans ses choix de vie. D’autres indicateurs plus subjectifs ont été pris en compte comme le sentiment de sécurité, l’inquiétude ou le stress.

La méthodologie utilisée consiste à demander à un échantillon d’environ 1000 personnes par pays de répondre à une série de questions sur la perception de leur qualité de vie sur une échelle de 0 à 10.

Dans le classement mondial, ce sont les pays scandinaves, la Norvège, le Danemark et l’Islande qui occupent les trois premières places du classement, suivis  de la Suisse (4e), de la Finlande (5e), des Pays-Bas (6e) du Canada (7e), de la Nouvelle-Zélande (8e), de l’Australie (9e) et de la Suède (10e).

Sur le africain, l’Algérie est le pays le plus heureux, il est classé au 53e rang mondial. L’île arrive en deuxième place (64e rang mondial) suivie de la (68e), du (84e), de la (93e) et du Nigéria (95e).

Parmi les dix pays où les citoyens se décrivent les plus malheureux, huit se situent en Afrique subsaharienne, la (155e), le (154e), la (153e), le (151e), le (150e), la Guinée (149e), le Libéria (148e) et le du Sud (147e). Les autres pays hors du continent africain étant la Syrie (152e) et le Yémen (146e).

Toutefois, ce classement pour certains pays africains surprend. Ainsi, la Libye (2e) et la Somalie (5e ), pays ravagés par des guerres civiles, se classent parmi les plus heureux en Afrique, tandis que les autres pays en guerre comme la Syrie (152e) et le Yémen se retrouvent parmi les plus malheureux.

Selon les auteurs du World Happiness Report, le principal enjeu pour les dirigeants est la compréhension des raisons qui influent sur le bien-être des citoyens. Le bonheur peut être considéré comme un indicateur du progrès social et un objectif des politiques publiques. En effet, le bien être, un indicateur souvent considéré comme subjectif, dépend beaucoup du comportement pro-social des membres de la société.

Les sociétés ayant atteint un niveau de capital social élevé, synonyme de confiance généralisée, de bonne et de soutien mutuel entre les individus, atteignent facilement un niveau élevé de bien-être en encourageant des systèmes de soutien social, la générosité, le bénévolat et l’honnêteté dans l’administration publique.

Dans le cas contraire, les sociétés au capital social faible, déchirées par la méfiance et la malhonnêteté doivent redoubler d’efforts en investissant dans le capital social à travers l’éducation, les codes professionnels de conduite, le désaveu public des contrevenants à la confiance citoyenne et les politiques publiques pour réduire les inégalités.

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ACCAPAREMENT DES TERRES ARABLES EN AFRIQUE : UNE RÉGLEMENTATION RESPONSABLE S’IMPOSE

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source: renaudossavi.mondoblog.org

Les terres arables constituent un facteur de production rare destiné à produire un bien essentiel : la nourriture. La protection de cette ressource pour les générations actuelles et futures ne peut pas être laissée entre les mains des intérêts privés ou publics étrangers. Compte tenu des enjeux démographiques et environnementaux auxquels l’ fait face, les pays africains devraient prioriser l’amélioration de la productivité agricole pour garantir à leurs populations la sécurité alimentaire. Il faudrait limiter dans la mesure du possible l’exploitation et la vente de nouvelles terres pour le bénéfice des générations futures.

Vente des terres agricoles : L’Afrique domine les autres régions

Dans un rapport intitulé Land Matrix Analytical Report II : International Land Deals for Agriculture, Land Matrix montre que les pays africains ont enregistré 422 transactions au cours des 15 dernières années sur un total de 1004 recensées à l’échelle mondiale, soit 42 %.  L’Asie suit derrière avec 305 transactions, soit 30 %.

En termes de superficie, les terres agricoles vendues en Afrique représentent 10 millions d’hectares sur un total de 26,7 millions, soit 37,5 % du total. L’Europe de l’Est arrive en deuxième place  avec 5 millions d’hectares, soit 19 %.

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Le au premier rang des pays ayant cédé les terres arables

Selon Thinking Africa, qui classe les pays africains en fonction de superficie de terres vendues ou louées aux investisseurs étrangers, Madagascar domine le classement avec 3,7 millions d’hectares cédées depuis 2000. D’autres pays comme l’Éthiopie (3,2 millions d’hectares), la démocratique du (2,8 millions d’hectares), la (2 millions d’hectares) et le (1,6 millions d’hectares) font partie des cinq premiers.

La Malaisie domine les pays acquéreurs des terres arables

Selon les statistiques de Land Matrix, la Malaisie arrive en tête du classement des pays ayant acheté les terres arables avec 3,7 millions d’hectares suivi des États-Unis (3,3 millions d’hectares), du Royaume-Uni (1,8 millions d’hectares), du Singapour (1,7 millions d’hectares), de l’Inde (1,2 millions d’hectares), de Hong Kong (1,1 millions d’hectares), de la Chine (1,0 million) et de l’Argentine (0,8 million).

L’enjeu de cet accaparement des terres par des étrangers vient du fait que certains investisseurs font l’acquisition des terres dans le but de produire et exporter des denrées agricoles vers leurs pays d’origine.

Par ailleurs, certains investisseurs sont motivés par les perspectives de profits au détriment des populations locales.

 Un énorme potentiel de hausse de la productivité

Une Étude du Fonds monétaire international montre que le potentiel de hausse de productivité agricole est particulièrement élevé en Afrique subsaharienne où les rendements sont inférieurs de 50 % à leur niveau potentiel.

En mesurant la productivité agricole par la production de cultures par unité de terre cultivée, le graphique ci-après montre des écarts de rendement importants pour le maïs et le riz entre l’Afrique subsaharienne et les autres régions du monde. Avec un rendement de 0,22 pour le maïs, l’Afrique accuse un retard important par rapport à l’Amérique du nord dont le rendement est de 1.

Bien que le potentiel agricole non exploité soit important en Afrique avec un ratio de 0,58 %, le principal défi en Afrique est d’assurer le développement durable de l’agriculture et garantir aux générations futures un territoire propice à l’exercice et au développement des activités agricoles.

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AFRIQUE SUBSAHARIENNE : LES EXPORTATEURS DE PÉTROLE FONT FLÉCHIR L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE DE LA RÉGION

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Le Fonds monétaire international, dans ses nouvelles perspectives économiques d’octobre 2016, a révisé à la baisse la de l’économie en subsaharienne principalement à cause de la conjoncture défavorable des grands pays exportateurs de produits de base qui continuent de faire face à la baisse des recettes publiques et d’exportations.

La croissance économique de la région va tomber à 1,4 % en 2016 après une progression de 2,4 % en 2015. Elle devrait rebondir à 2,9 % en 2017.

La résilience de certaines économies à faible revenu (5,4 % en 2016) viendra compenser la contraction des économies exportatrices de pétrole (-1,7 % en 2016).

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Une croissance à plusieurs vitesses en Afrique subsaharienne 

Les pays exportateurs des produits de base font face à une conjoncture difficile devant s’ajuster à la baisse des recettes des produits de base. Au Nigéria, l’activité devrait se contracter de 1,7 % en 2016. La production ayant été perturbée par des pénuries de devises, les pannes d’électricité ainsi que l’insécurité dans le delta du .

En Afrique du Sud, la croissance sera à peine positive (0,1 % en 2016), l’incertitude entourant la politique économique complique l’ajustement à la détérioration des termes de l’échange.

De son côté, l’ devrait enregistrer une croissance nulle en raison de la forte baisse des recettes pétrolières qui plombe l’activité économique.

Une résilience remarquable de certaines économies à faible revenu 

Plusieurs pays exportateurs de produits autres que des ressources naturelles, parmi lesquels la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, la , le Sénégal et le , devraient continuer d’enregistrer une croissance vigoureuse en 2016 et 2017. Cette croissance sera soutenue par les faibles niveaux des prix du pétrole, la robustesse de la consommation privée ainsi que les investissements publics.

En Côte d’Ivoire, la croissance du PIB s’établira à 8 % en 2016 et 2017 après une progression de 8,5 % en 2015.

La Tanzanie de son côté verra sa croissance s’accélérer à 7,2 % en 2016 et 2017 après une croissance de 7,0 % en 2015.

D’autres pays, notamment l’Éthiopie (6,5 %), le Sénégal (6,6 %) et le Kenya (6,0 %) enregistreront des croissances vigoureuses  au-delà de 6 % en 2016.

Toutefois, le FMI attire l’attention de ces pays car les finances publiques et les transactions extérieures courantes ne se sont pas améliorées malgré la croissance économique vigoureuse. Il les invite à adopter des mesures macroéconomiques anticycliques pour reconstituer les amortisseurs budgétaires.

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AFRIQUE SUBSAHARIENNE : LA PLUS FAIBLE CROISSANCE DEPUIS 20 ANS EN 2016

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Dans sa dernière édition d’Africa‘s Pulse, la Banque mondiale prévoit que la économique de l’ subsaharienne devrait ralentir pour s’établir à 1,6 %, sa plus faible croissance depuis 20 ans, avant de rebondir
à 2,9 % en 2017.

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La dégradation de la conjoncture des grands pays exportateurs de produits de base en cause 

Le ralentissement de la croissance en Afrique subsaharienne s’explique principalement par la conjoncture défavorable des grands pays exportateurs de pétrole et autres produits de base notamment le Nigéria et l’Afrique du Sud qui représentent la moitié de la richesse produite dans la région.

Toutefois, le quart des pays de la région font preuve de résilience 

Certains pays ont mieux résisté notamment grâce à un cadre macroéconomique et des institutions solides ainsi qu’une économie diversifiée. Il s’agit de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, de l’Éthiopie, de la …qui continuent d’afficher des taux de croissance supérieures à 6 %.

Perspectives légèrement favorables en 2017 

La Banque mondiale prévoit que la croissance économique devrait rebondir en 2017 à 2,9 % à la suite de la hausse progressive des cours des produits de base et des investissements dans des infrastructures publiques.

L’amélioration de la productivité agricole, un incontournable 

À plus long terme, l’Afrique subsaharienne devrait  améliorer sa productivité agricole car l’agriculture représente le tiers du PIB de la région et emploie deux tiers de la population.

 

 

PERSPECTIVES DE CROISSANCE FAVORABLES EN TANZANIE ET AU SÉNÉGAL

Les perspectives économiques du Sénégal ( de l’Ouest) et de la (Afrique de l’Est) sont favorables avec des taux de de 6,6 % et 6,9 % respectivement en 2016.

Comme le et la Côte d’Ivoire mentionnés dans la publication précédente, le Sénégal et la Tanzanie sont des pays importateurs de pétrole qui profitent de la faiblesse des cours pétroliers et de leur niveau d’endettement pour investir dans des infrastructures.

Sénégal : Croissance soutenue dans le cadre du Plan Sénégal émergent (PSE)

L’économie sénégalaise affiche une croissance soutenue depuis 2014, année du lancement du Plan Sénégal émergent  dont la finalité est d’en faire un pays émergent à l’horizon 2035.

Après une croissance moyenne de 3,4 % entre 2010 et 2013, l’économie sénégalaise a rebondit en 2014 et 2015 à 4,3 % et 6,5 % respectivement, tirée par la baisse des prix du pétrole qui a permis de réduire les coûts de production et les subventions à la consommation d’électricité. Par ailleurs, les bonnes performances du secteur agricole ont contribué à cette embellie.

Les perspectives restent favorables pour les prochaines années. Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale prévoient une accélération de la croissance en 2016 à 6,6 % et à 6,8 % en 2017, tirée par les investissements dans le cadre du PSE. Toutefois, cette embellie nécessitera beaucoup d’effort des autorités sénégalaises pour maintenir un cadre macroéconomique équilibré ainsi que l’accélération des réformes pour attirer les investissements privés.

Tanzanie : la stabilité et les investissements en infrastructures favorisent l’activité économique

L’économie tanzanienne connaît une croissance soutenue  et au-dessus de la moyenne africaine depuis 2010. Au cours des années subséquentes, la croissance tourne autour de 7 % à la faveur du secteur des services qui représente près de 50 % du PIB.

Les perspectives pour 2016 restent favorables avec une croissance de 6,9 % tirée par les investissements en infrastructures. Dans ce pays où près de 70 % de population vivent avec moins de 2 dollars par jour, les autorités tanzaniennes pourraient mettre l’emphase sur  l’amélioration du niveau de vie de la population et de l’environnement des affaires.

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Marge de manœuvre pour l’endettement visant à financer des projets d’infrastructures.

Le Sénégal profitera du faible taux d’endettement public et des conditions favorables pour mettre en œuvre un programme de réformes et d’investissement propice à la croissance. Par ailleurs, les autorités s’attendent au recul des déficits budgétaires à la suite de la hausse des investissements. La dette publique devrait passer de 57,3 % du PIB en 2016 à 56,2 % en 2017.

La Tanzanie pourrait s’endetter davantage pour financer les infrastructures malgré la progression continue de la dette brute.

En effet, la dette publique de la Tanzanie a enregistré une forte progression au cours des dernières années, passant de 27,3 % du PIB en 2010 à 40,5 % en 2015. Elle devrait continuer à augmenter en 2016 et 2017 pour atteindre 42,6 % du PIB.

Malgré la forte progression de la dette publique en Tanzanie, celle-ci reste relativement viable dans le contexte d’une économie en développement.

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En conclusion, même si les ratios d’endettement en Tanzanie et au Sénégal restent encore viables, une attention particulière devra être accordée à la réalisation des projets d’infrastructures comme le rappelait récemment, le premier directeur général adjoint du Fonds monétaire international qui estime que toute erreur ou défaillance en matière de choix et de financement des projets d’infrastructures pourraient aboutir à plus de dettes que de bénéfices. Ajoutant que de nombreux pays africains ont récemment surmonté le problème de la dette, et qu’il est important de veiller à ne pas faire à nouveau face à ce problème.