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GOUVERNANCE EN AFRIQUE : ELLEN JOHNSON SIRLEAF LAURÉATE DU PRIX MO IBRAHIM 2017

source : thewomenseye.com

L’ex-présidente du Libéria du Libéria Ellen Johnson Sirleaf, qui a quitté le pouvoir en janvier 2018 après deux mandats de six ans, a remporté le prix Mo Ibrahim qui récompense un ancien chef d’État ou de gouvernement d’un pays d’ Subsaharienne qui a quitté ses fonctions au cours des trois dernières années pour son travail dans l’intérêt public ou son action en faveur du développement durable. Pour être éligible à ce prix, l’ancien chef d’État doit avoir été élu démocratiquement et avoir terminé son mandat prescrit par la constitution. Le lauréat du prix Mo Ibrahim reçoit
5 millions de dollars américains sur une période de 10 ans et une allocation annuelle à vie de 200 000 dollars américains.

Un prix prestigieux qui encourage la bonne en Afrique

Malgré que l’attribution du prix soit annuelle, le comité peine à trouver parmi les ex-présidents des candidats remplissant toutes  les conditions. Ellen Johnson Sirleaf est la cinquième lauréate de ce prix qui existe depuis 2006. Elle rejoint une liste très sélecte de quatre autres leaders qui se sont distingués en matière de gouvernance en Afrique. Il s’agit de Joaquim Chissano du (2007), Festus Gontebanye Mogae du (2008), Pedro de Verona Rodrigues Pires du Cap-Vert (2011)  Hifikepunye Pohamba de la (2014). Nelson Mandela a été lauréat honoraire du prix en 2007 pour sa lutte contre l’apartheid.

Leadership exceptionnel à l’heure des changements de constitutions des pays

Pendant que plusieurs chefs d’État africains s’accrochent au pouvoir en changeant les constitutions de leurs pays, le comité d’attribution du prix Mo Ibrahim estime qu’Ellen Johnson Sirleaf a quitté le pouvoir après avoir posé les fondations sur lesquelles le Libéria peut désormais se construire. Elle a été élue en 2005 à la tête du pays qui était complétement détruit par une longue guerre civile et  a mené un processus de réconciliation centré sur la construction d’une nation et  de ses institutions démocratiques.

Une femme d’exception

Forte de sa solide formation à la prestigieuse université Harvard, de sa carrière d’économiste dans les institutions internationales et de ministre des Finances du Libéria, Ellen Johnson a été la première femme élue démocratiquement en Afrique en 2005 et réélue en 2011 pour un second mandat de six ans. En 2011, elle a reçu le prix Nobel de la paix. En 2018, elle est la première femme à recevoir le prix Mo Ibrahim.

Une bonne  gouvernance en Afrique : un défi de taille

Tout en saluant le leadership exceptionnel et transformateur de l’ex-présidente du Libéria, le comité a souligné qu’en douze années de mandat un tel parcours n’est pas exempt de défauts. Ainsi, certains de ses compatriotes lui reprochent le népotisme et de ne pas avoir assez lutté contre la corruption tout en lui créditant des actions positives telles que préserver la paix, rebâtir un État qui était en ruine, attirer les investisseurs étrangers et reconstruire les infrastructures.

 Une économie résiliente après la crise de l’Ébola.

Durant les deux mandats d’Ellen Johnson Sirleaf, l’économie libérienne a enregistré de fortes croissances sur la période 2004-2013, avant d’être ralentie par l’épidémie d’Ébola en 2014. Après une contraction en 2016, les perspectives sont positives avec une de 2,6 % en 2017 et de 4,0 % prévue en 2018.

LES INÉGALITÉS NUISENT À LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE À LONG TERME ET EXACERBENT LES CONFLITS EN AFRIQUE

Source: Programme des Nations Unies pour le développement

Les travaux du Fonds monétaire international  (FMI) et du Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) montrent que l’ subsaharienne est l’une des régions du monde, avec l’Amérique latine, où les inégalités sont les plus prononcées malgré une forte économique au cours des 25 dernières années. Elle abrite 10 des 19 pays les plus inégalitaires au monde.

Certaines économies africaines affichent des niveaux d’inégalité très élevés qui s’expliquent par une concentration des terres aux mains de quelques personnes et un accès limité aux biens agricoles. Il s’agit principalement de l’Afrique du Sud, de la , du , du , de la , du et de la . D’autres facteurs sont à l’origine des inégalités dans la région, principalement la structure dualiste de l’économie, la forte concentration en capital physique, en capital humain ainsi que le rôle de distribution limité de l’État.

Les travaux du PNUD identifient les principaux moteurs de l’inégalité en termes de capacités humaines, notamment la participation inégale à la vie politique et économique; l’accès inégal aux ressources économiques, financières et naturelles; l’absence de sécurité humaine ainsi que le manquement aux droits de l’homme.

Les inégalités nuisent à la croissance économique et à la cohésion sociale

Selon une étude du FMI, la croissance du PIB réel par habitant en Afrique subsaharienne pourrait gagner près d’un point de pourcentage  par an si les inégalités étaient ramenées aux niveaux observés dans les pays asiatiques.

Par ailleurs, les inégalités élevées ont des impacts négatifs sur la stabilité politique et la cohésion sociale en exacerbant les conflits et les tensions internes. L’Afrique abrite 11 des 20 pays où la probabilité de conflits est la plus élevée dans le monde. Selon le PNUD, le risque de conflit est plus élevé dans les pays inégalitaires  et pauvres.

Enfin, l’inégalité de revenus renforce les inégalités en matière de santé, d’éducation, d’emploi, de participation politique et de  sécurité.  Le chevauchement de ces inégalités perpétue l’exclusion et la privation toute la vie.

Plaidoyer pour une croissance inclusive dont les retombées sont mieux réparties

La couverture de la protection sociale en Afrique est encore trop faible pour réduire sensiblement les inégalités. Plusieurs travaux de recherche montrent que ce n’est qu’en s’attaquant aux inégalités de revenus qu’il sera possible de réaliser une croissance durable et inclusive.

Bien que la situation de chaque pays nécessite une approche spécifique à son contexte, ces recherches convergent sur une série de mesures qui permettraient de faire reculer les inégalités. Les principales étant : l’accélération du développement humain axé sur l’éducation au secondaire, les services de santé et les projets favorables aux femmes; l’amélioration de la productivité agricole, un facteur important de la réaffectation de la main-d’œuvre à d’autres secteurs de l’économie; les réformes structurelles visant la diversification de l’économie; l’investissement dans les infrastructures; l’amélioration de la protection sociale et de l’efficacité distributive des politiques budgétaires; ainsi que l’instauration de la bonne .