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LES INÉGALITÉS NUISENT À LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE À LONG TERME ET EXACERBENT LES CONFLITS EN AFRIQUE

Source: Programme des Nations Unies pour le développement

Les travaux du Fonds monétaire international  (FMI) et du Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) montrent que l’ subsaharienne est l’une des régions du monde, avec l’Amérique latine, où les inégalités sont les plus prononcées malgré une forte économique au cours des 25 dernières années. Elle abrite 10 des 19 pays les plus inégalitaires au monde.

Certaines économies africaines affichent des niveaux d’inégalité très élevés qui s’expliquent par une concentration des terres aux mains de quelques personnes et un accès limité aux biens agricoles. Il s’agit principalement de l’Afrique du Sud, de la , du , du , de la , du et de la . D’autres facteurs sont à l’origine des inégalités dans la région, principalement la structure dualiste de l’économie, la forte concentration en capital physique, en capital humain ainsi que le rôle de distribution limité de l’État.

Les travaux du PNUD identifient les principaux moteurs de l’inégalité en termes de capacités humaines, notamment la participation inégale à la vie politique et économique; l’accès inégal aux ressources économiques, financières et naturelles; l’absence de sécurité humaine ainsi que le manquement aux droits de l’homme.

Les inégalités nuisent à la croissance économique et à la cohésion sociale

Selon une étude du FMI, la croissance du PIB réel par habitant en Afrique subsaharienne pourrait gagner près d’un point de pourcentage  par an si les inégalités étaient ramenées aux niveaux observés dans les pays asiatiques.

Par ailleurs, les inégalités élevées ont des impacts négatifs sur la stabilité politique et la cohésion sociale en exacerbant les conflits et les tensions internes. L’Afrique abrite 11 des 20 pays où la probabilité de conflits est la plus élevée dans le monde. Selon le PNUD, le risque de conflit est plus élevé dans les pays inégalitaires  et pauvres.

Enfin, l’inégalité de revenus renforce les inégalités en matière de santé, d’éducation, d’emploi, de participation politique et de  sécurité.  Le chevauchement de ces inégalités perpétue l’exclusion et la privation toute la vie.

Plaidoyer pour une croissance inclusive dont les retombées sont mieux réparties

La couverture de la protection sociale en Afrique est encore trop faible pour réduire sensiblement les inégalités. Plusieurs travaux de recherche montrent que ce n’est qu’en s’attaquant aux inégalités de revenus qu’il sera possible de réaliser une croissance durable et inclusive.

Bien que la situation de chaque pays nécessite une approche spécifique à son contexte, ces recherches convergent sur une série de mesures qui permettraient de faire reculer les inégalités. Les principales étant : l’accélération du développement humain axé sur l’éducation au secondaire, les services de santé et les projets favorables aux femmes; l’amélioration de la productivité agricole, un facteur important de la réaffectation de la main-d’œuvre à d’autres secteurs de l’économie; les réformes structurelles visant la diversification de l’économie; l’investissement dans les infrastructures; l’amélioration de la protection sociale et de l’efficacité distributive des politiques budgétaires; ainsi que l’instauration de la bonne .

L’INDICE DU DÉVELOPPEMENT HUMAIN RESTE FAIBLE EN AFRIQUE MALGRÉ UNE DÉCENNIE DE CROISSANCE

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source: webguinee.net

Dans son rapport sur le développement humain, le programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD), nous apprend que d’impressionnants progrès ont été réalisés dans le domaine du développement humain au cours des dernières années mais  que le monde se trouve confronté à plusieurs défis notamment les privations, les inégalités et l’extrémisme violent qui ont une incidence négative sur le bien-être des générations présentes et futures.

L’indice du développement humain de la majorité des pays africains reste faible  

L’Indice de développement humain (IDH) est un indice composite regroupant trois dimensions fondamentales du développement humain : l’espérance de vie à la naissance qui exprime la capacité à vivre longtemps et en bonne santé, la durée moyenne de scolarisation qui exprime la capacité à acquérir des connaissances ainsi que le revenu national brut par habitant traduisant la capacité à avoir un niveau de vie décent. L’IDH a une limite supérieure de 1,0.

Sur le africain, seulement cinq pays se classent parmi les pays ayant un niveau de développement humain élevé. Il s’agit des (63e mondial), (64e  rang), Algérie (83e  rang), (97e) et de la (102e).

Dans la catégorie des pays ayant un niveau moyen de développement humain, on dénombre treize pays africains : le (108e), le Gabon (109e), l’Égypte (111e), l’ du Sud (119e), le (122e), le (123e), la (125e ), le (135e), la Guinée Équatoriale (135e), le (139e), la (139e), Sao Tomé & Principe (142e) et le (146e).

Parmi les 41 pays classés dans la catégorie ayant un faible niveau de développement humain, 36 se situent en Afrique subsaharienne dont les dix derniers : la (188e), le (187e), le (186e), le (185e), le (184e), la Guinée (183e), le du Sud (181e), le (181e), la (179e) et l’Érythrée (179e).

Les statistiques de l’IDH en Afrique montrent que la dernière décennie de n’a pas permis de combler l’écart par rapport aux autres régions du monde. Par ailleurs, dans certains pays les inégalités se sont aggravées.

Le rapport sur le développement humain souligne que ce sont les groupes pauvres, marginalisés et vulnérables qui sont laissés le plus loin derrière.

Pour réaliser un véritable rattrapage en matière de développement humain, il faudra améliorer la et mettre l’accent sur la satisfaction des besoins fondamentaux de la population en Afrique.

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GOUVERNANCE EN AFRIQUE : LA SÉCURITÉ ET L’ÉTAT DE DROIT RECULENT, LA CORRUPTION ET LA BUREAUCRATIE PROGRESSENT

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La Fondation Mo Ibrahim, dans sa nouvelle publication de l’indice sur la portant sur 54 pays africains à partir de 95 indicateurs, attire l’attention des pays quant au recul de l’indicateur «sécurité et État de droit» ainsi qu’à l’évolution inquiétante de l’indicateur «corruption et bureaucratie».

Une amélioration de la gouvernance globale sur une décennie 

Au cours de la dernière décennie, la Fondation a constaté une amélioration de la gouvernance globale dans 37 pays regroupant 70 % de la population. La Côte d’Ivoire (+13,1 points), le (+9,7 points) et le (+9,7 points) ont enregistré les plus fortes progressions. Toutefois, 16 pays ont enregistré une dégradation de leur gouvernance globale dont le (-7,6 points).

En 2015, (79,9 points), le (73,0 points), le (73,7 points), les (72,6 points) et la (69,8 points) arrivent en tête du classement.

Un sombre constat en matière de sécurité et État de droit

Sur le , la Fondation a observé une détérioration en matière de sécurité et État de droit au cours de la décennie.

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La corruption et la bureaucratie progressent

La Fondation déplore par ailleurs une évolution inquiétante de l’indicateur de corruption et bureaucratie. Trente-trois pays ont enregistré une dégradation de cet indicateur au cours de la décennie.

Soulignons que la dégradation de cet indicateur, attribuable principalement à  la faiblesse des institutions de gouvernance, compromet la prospérité inclusive en .

Le prix en leadership d’excellence en Afrique décerné à 4 chefs d’État seulement  sur une décennie.

Le prix en leadership d’excellence en Afrique est ouvert aux chefs d’État démocratiquement élus qui ont terminé leur mandat au cours des trois dernières années. L’absence de gagnant pour ce prix à plusieurs reprises témoigne du défi colossal auquel fait face le continent en matière de gouvernance et de l’urgence de se doter d’institutions durables.

ÉVOLUTION DES INDICATEURS DE GOUVERNANCE DE L’INDICE MO IBRAHIM

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Source : Fondation Mo Ibrahim.

L’UNION AFRICAINE : LES PAYS MEMBRES DOIVENT DOTER L’INSTITUTION D’UN FINANCEMENT DURABLE ET RESPONSABLE

Union Africaine - Addis Abbeba. Source: mwebantu.com

Union Africaine – Addis Abbeba.
Source: mwebantu.com

À l’heure du Brexit et des préoccupations sécuritaires, les pays africains sont invités à résister à la tentation de protectionnisme et à pousser plus loin l’intégration africaine.

Cinq décennies après la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) et 13 ans après celle de l’Union africaine (UA), l’idéal de coopération et d’intégration des Pères de l’indépendance est-il atteint? Les africains en général et la jeunesse africaine en particulier sont en droit d’exiger de cette vénérable institution des comptes et des réformes répondant à leurs aspirations.

L’OUA qui s’est illustrée avec ses résolutions contre l’apartheid en du Sud et son appui à la lutte des mouvements de libération a connu ses moments de gloire au début des années 1990 avec l’accession à l’indépendance de la ainsi qu’avec la libération et l’élection de Mandela au poste de président de l’Afrique du Sud.

Toutefois, sur d’autres tableaux, les performances sont mitigées : l’OUA et l’UA n’ont pas réussi à  prévenir et à régler plusieurs conflits internes qui ont endeuillé les africains notamment au , en démocratique du , au , en Côte d’Ivoire, en République etc.

Le lancement de l’UA en 2002 dans le but d’accélérer et d’approfondir le processus d’intégration économique et politique n’a pas eu plus de succès. Elle a plutôt servi de forum à ses États membres pour coordonner les positions de l’Afrique dans des instances internationales.

Rappelons que la vision de l’Union africaine est de « bâtir une Afrique intégrée, prospère, en paix, dirigée par ses citoyens et constituant une force dynamique sur la scène mondial ».

Étant donné que plusieurs échéances approchent à grands pas, l’UA doit accélérer la cadence pour atteindre les cibles  notamment celles du traité d’Abuja en 1991 qui prévoyait la création, dans un délai de 30 ans d’un marché commun africain, d’un parlement, d’une banque centrale et d’un fonds monétaire africain.

Passeport africain : un symbole fort pour secouer la léthargie de l’institution

La décision  prise  par le 27e sommet de l’UA à Kigali  les 17 et 18 juillet 2016 d’octroyer un passeport permettant à tous les africains de circuler librement sur le pourrait être perçu comme un signal fort de la détermination des États membres à réaliser l’intégration africaine.

Souhaitons que cette libre circulation des personnes se matérialise et soit suivie d’une libre circulation des marchandises.

L’Union africaine doit s’autofinancer pour atteindre ses objectifs

Le 27e sommet à Kigali a mis en évidence une anomalie qui perdure et qui pourrait expliquer en partie la source de l’inefficacité de l’institution. Il s’agit de sa source de financement.

Les 54 États membres  contribuent au budget de fonctionnement de l’institution d’un total de 781 millions de dollars en 2016-2017à hauteur de 27 %  (211 millions de dollars). Les bailleurs de fonds étrangers sont responsables de 73 % de ce budget
( 511 millions de dollars).

Pire encore, on apprend que certains États membres paient leur cotisation en retard et que d’autres sont en défaut de paiement ce qui entrave le fonctionnement de l’organisation

Dans ce contexte, plusieurs questions se posent : De quelle marge de manœuvre disposent les pays membres? Quelle est l’influence des bailleurs de fonds étrangers dans les décisions de l’organisation? Qui en contrôle l’agenda?

Les États membres de l’UA doivent financer les activités de l’organisation de manière durable et responsable, ce qui implique de maintenir ses finances saines, favoriser la création de richesses au sein des pays membres et fixer le niveau d’activités en fonction de la capacité de payer de la collectivité africaine.

Par ailleurs, les pays membres devraient agir de manière responsable et faire preuve de rigueur et de discipline budgétaire afin de payer dans les délais leur quote-part auprès de l’UA comme ils le font dans d’autres institutions internationales comme le Fonds monétaire international.

Une taxe de 0,2 % sur les importations : une excellente mais complexe initiative.

Les chefs d’État ont adopté résolution d’instaurer une taxe de 0,2 % sur les importations des 54 pays membres (en excluant  les biens de première nécessité). Cette initiative, bien accueillie par tous les participants, rapporterait 1,2 milliards de dollars en 2017.

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Une taxe de 0,2 % sur la valeur des importations représenterait des recettes de  près d’un milliard au cours des dernières années.

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Toutefois, la mise en application de la taxe de 0,2 % sur les importations  posera un défi de taille, au moment où une étude de la CNUCED publiée cette semaine montre que les fausses facturations privent certaines économies africaines de 67 % de recettes d’exportations. Qu’en est-il des importations?