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AFRIQUE SUBSAHARIENNE: AFRIQUE SUBSAHARIENNE: RETOUR DU SURENDETTEMENT EN CONTEXTE DE DÉGRADATION DE LA GOUVERNANCE

dette-publique                                                                                                           source: gyk-mouvement.com

L’indicateur le plus utilisé pour mesurer le fardeau de la dette publique dans l’économie est la dette publique brute rapportée au Produit intérieur brut (PIB). Toutefois, un tel indicateur pourrait ne pas refléter le risque réel de l’endettement public dans le contexte des pays où l’économie informelle représente une forte proportion du PIB. C’est ce qui ressort d’un article du Financial Times commentant les récents travaux du Fonds monétaire international, de l’agence de notation Fitch ratings et de Capital Economics.

Selon l’article, un pays ayant un secteur informel important aura de la difficulté à rembourser sa dette étant donné que les revenus  provenant du secteur formel sont faibles. Ainsi, le ratio dette publique brute /PIB du secteur formel offre un meilleur indicateur de la capacité des pays à prélever les revenus pour rembourser la dette.

En utilisant le ratio dette publique rapportée au PIB, le taux d’endettement des pays africains semble relativement gérable, il s’établit à 18,6 % du PIB au Nigéria contre     39 % en , 72 % au et en et 115,2 % au .

Toutefois, le portrait de l’endettement en subsaharienne est moins reluisant lorsque la dette publique est rapportée au PIB du secteur formel. Ainsi, le dette publique s’élève à 53,5 % du PIB formel au Nigéria, à 82,8 % du PIB formel en Tanzanie et à 180 % du PIB formel au Mozambique.

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Le Nigéria : un cas particulier avec un secteur informel estimé  à 65, 1 % du PIB

Au Nigéria, la taille du secteur informel est imposante. Le Fonds monétaire international l’estime à 65,1 % du PIB sur la période 2010-2014 contre une moyenne de 38 % en Afrique subsaharienne. Cette faiblesse du secteur formel (34,9 % du PIB) affecte négativement les recettes du gouvernement qui sont évaluées à seulement 5,3 % du PIB au Nigéria contre une moyenne de 16,9 % du PIB en Afrique subsaharienne.

L’utilisation du ratio dette publique / PIB du secteur formel fait passer le taux d’endettement du Nigéria de 18,6 % à 53,5 %, ce qui soulève des inquiétudes sur la viabilité de sa dette. Par ailleurs, lorsqu’on mesure la dette nigériane par rapport aux recettes du gouvernement, le taux dépasse 300 %, le seuil de viabilité de la dette, établi par le Programme de renforcement des capacités des pays pauvres très endettés du FMI et de la Banque mondiale.

Hausse de l’endettement dans une conjoncture économique difficile et une qualité de la en recul.

Le rapport CPIA de la Banque mondiale vient de dresser un état des lieux assez préoccupant de la gestion économique, des politiques structurelles, des politiques d’inclusion et d’équité ainsi que de la gestion du secteur public. Selon la Banque mondiale, il y a une dégradation de la qualité des politiques et des institutions, ajoutant qu’il est indéniable que la situation tend à se détériorer.

Dette publique des pays classés selon  le poids du secteur informel                                                                (en pourcentage du PIB total et du PIB secteur formel dans certains pays)

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AFRIQUE SUBSAHARIENNE : UNE REPRISE ATTENDUE MAIS INSUFFISANTE POUR AMÉLIORER LE NIVEAU DE VIE DE LA POPULATION

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La Banque mondiale, dans son édition de juin 2017 des Perspectives pour l’économie mondiale, anticipe que la économique en subsaharienne devrait s’accélérer pour s’établir à 2,6 % en 2017 et 3,2 % en 2018.

Selon la Banque mondiale, l’amélioration de la croissance en 2017 et 2018 découle en grande partie de la remontée des prix des matières premières ainsi que de réformes qui améliorent les conditions économiques.

L’institution est moins optimiste qu’en janvier 2017. La croissance a été revue à la baisse pour toutes les années de la période de prévision.  En 2017 et en 2018, les perspectives ont été abaissées (−0,3 point de pourcentage par rapport à janvier et −0,4 point de pourcentage par rapport à janvier) respectivement.

La faiblesse des perspectives africaines est tirée par la reprise timide des grandes économies comme le Nigéria (1,2 % en 2017 et 2,4 % en 2018), l’Afrique du Sud (0,6 % en 2017 et 1,1 % en 2018) et l’ (1,2 % en 2017 et 0,9 % en 2018).

Quant aux pays moins dotés en ressources naturelles, certains ont enregistré une croissance soutenue grâce à la vigueur de la demande intérieure et des investissements dans les infrastructures publics, à la résilience du secteur des services et à la reprise de la production agricole. Il s’agit principalement de l’Éthiopie (+8,3 % en 2017), de la (+7,2 %), de la Côte d’Ivoire (+6,8 %) et du Sénégal (6,7 %).

Le recul du niveau de vie met en péril les objectifs de lutte contre la pauvreté

Selon la prévision de la Banque mondiale, le niveau de vie mesuré par le Produit intérieur brut réel par habitant devrait poursuivre sa contraction en 2017 pour atteindre −0,1 % avant d’enregistrer une croissance modeste de 0,7 % sur la période 2018-2019. La Banque mondiale ajoute qu’à ce rythme, la croissance ne sera pas suffisante pour permettre l’atteinte des objectifs de réduction de la pauvreté.

La progression de l’endettement dans certains pays de la région inquiète

L’accroissement des déficits budgétaires et, dans certains cas, les fortes dépréciations des taux de change ont généré une hausse du niveau de la dette publique dans la région. La perspective d’une hausse de taux d’intérêt inquiète.

Selon la Banque mondiale, l’ampleur des emprunts non concessionnels pour le développement des infrastructures a entraîné une élévation des coûts du service de la dette dans plusieurs pays.

Le cas du est parmi les plus préoccupants, avec une dette publique qui est passée de 40 % du PIB, à environ 120 % entre 2013 et 2017.

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L’INDICE DU DÉVELOPPEMENT HUMAIN RESTE FAIBLE EN AFRIQUE MALGRÉ UNE DÉCENNIE DE CROISSANCE

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source: webguinee.net

Dans son rapport sur le développement humain, le programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD), nous apprend que d’impressionnants progrès ont été réalisés dans le domaine du développement humain au cours des dernières années mais  que le monde se trouve confronté à plusieurs défis notamment les privations, les inégalités et l’extrémisme violent qui ont une incidence négative sur le bien-être des générations présentes et futures.

L’indice du développement humain de la majorité des pays africains reste faible  

L’Indice de développement humain (IDH) est un indice composite regroupant trois dimensions fondamentales du développement humain : l’espérance de vie à la naissance qui exprime la capacité à vivre longtemps et en bonne santé, la durée moyenne de scolarisation qui exprime la capacité à acquérir des connaissances ainsi que le revenu national brut par habitant traduisant la capacité à avoir un niveau de vie décent. L’IDH a une limite supérieure de 1,0.

Sur le africain, seulement cinq pays se classent parmi les pays ayant un niveau de développement humain élevé. Il s’agit des (63e mondial), (64e  rang), Algérie (83e  rang), (97e) et de la (102e).

Dans la catégorie des pays ayant un niveau moyen de développement humain, on dénombre treize pays africains : le (108e), le Gabon (109e), l’Égypte (111e), l’ du Sud (119e), le (122e), le (123e), la (125e ), le (135e), la Guinée Équatoriale (135e), le (139e), la (139e), Sao Tomé & Principe (142e) et le (146e).

Parmi les 41 pays classés dans la catégorie ayant un faible niveau de développement humain, 36 se situent en Afrique subsaharienne dont les dix derniers : la (188e), le (187e), le (186e), le (185e), le (184e), la Guinée (183e), le du Sud (181e), le (181e), la (179e) et l’Érythrée (179e).

Les statistiques de l’IDH en Afrique montrent que la dernière décennie de n’a pas permis de combler l’écart par rapport aux autres régions du monde. Par ailleurs, dans certains pays les inégalités se sont aggravées.

Le rapport sur le développement humain souligne que ce sont les groupes pauvres, marginalisés et vulnérables qui sont laissés le plus loin derrière.

Pour réaliser un véritable rattrapage en matière de développement humain, il faudra améliorer la et mettre l’accent sur la satisfaction des besoins fondamentaux de la population en Afrique.

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NIGERIA : UN BUDGET AMBITIEUX, DES TENSIONS INFLATIONNISTES ET DÉCOUVERTE D’UNE DETTE CACHÉE

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source: www.doublet.com

En novembre, l’indice des prix à la consommation au a poursuivi sa remontée avec une hausse de 18,5 % comparativement à 18,3 % en octobre. Cette hausse du coût de la vie est attribuable principalement à la hausse du coût des aliments importés.

Par ailleurs, le Nigeria vient d’entrer en récession après deux trimestres consécutifs de négative du produit intérieur brut réel, pour la première fois depuis plus de 20 ans.

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Dans ce contexte de stagflation (hausse de l’inflation en situation de récession), la banque centrale a joué la carte de la prudence en maintenant inchangé son taux directeur à 14 % le  23 novembre dernier.

Un budget « de la reprise et de la croissance » et des investisseurs qui exigent un rendement élevé

Le président du Nigéria a présenté à  l’assemblée nationale, un projet de budget pour 2017 de 24 milliards de dollars, en hausse de 20 % par rapport au budget de 2016.

Le déficit budgétaire est estimé à 2,2 %  du PIB et son financement représente un défi de taille. En effet, le risque protectionniste à la suite de l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis combiné à la remontée des anticipations inflationnistes rendent les marchés émergents, comme le Nigéria, moins attrayants pour les investisseurs internationaux..

Par ailleurs, la hausse de l’inflation au Nigeria rend l’endettement public sur le marché intérieur plus coûteux, les investisseurs locaux exigeant des rendements plus élevés.

Une importante « dette cachée » dans les comptes publics

Le gouvernement du Nigéria a annoncé la découverte de 7 milliards de dollars (2 200 milliards de nairas) de créances cachées dans les comptes publics qu’il impute à l’administration précédente. Il indique que ces dettes sont dues à des entreprises locales et qu’elles seront réglées grâce à des obligations ayant une maturité de 10 ans.

Contrairement au cas du , cette découverte n’a pas causé la défiance des organisations internationales, le Nigéria bénéficiant d’un niveau d’endettement encore gérable de 16,6 %.

Cette manipulation de chiffres des comptes publics pose un problème de et d’imputabilité des dirigeants. Rappelons que dans le cas du Brésil, la présidente Dilma Rousseff a été destituée pour motif principal de masquer la réalité du déficit budgétaire du pays.

CONGO (BRAZZA) : LE DÉFAUT DE PAIEMENT EST-CE UN PROBLÈME DE MANQUE DE LIQUIDITÉS OU UNE CRISE DE GOUVERNANCE?

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La baisse des revenus du pétrole (qui constituent près de 90 % des exportations et 75 % des recettes de l’État) est la principale source de la détérioration des équilibres budgétaires et extérieurs. La économique a chuté pour atteindre 1,1 % en 2015 après une solide performance de 6,8 % en 2014. Les perspectives pour 2016 ne sont pas meilleures car la Banque mondiale prévoit qu’en 2015-2016, les prix de l’énergie (pétrole, gaz et charbon) devraient baisser de 16,4 %.

Une progression inquiétante de l’endettement

La dette du , qui avait été effacée en partie dans le cadre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) en 2010 n’a cessé de progresser pour atteindre et même dépasser le niveau d’avant 2010. Elle est passée de 22,9 % en 2010 à 64,9 % en 2015 et devrait atteindre 79 % en 2016. La dette extérieure est passée de 20,2 % à 45,4 % en 2015.

Congo

Une dégradation marquée des comptes publics et courants

La chute des cours du pétrole a creusé le déficit de la balance courante et fragilisé les finances publiques du pays.

Le solde courant qui était excédentaire (+7,5 % du PIB) en 2010 a sombré en territoire négatif en 2012 (-2,4 %)  et  en 2015 (-14,2 % du PIB).

Le solde budgétaire est passé d’un excédent de 16 % en 2010 à un déficit de -11,8 % du PIB.

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Un retard de paiement sanctionné par la dégradation de la note souveraine

Les principales agences de notation (Fitch et Moody’s), craignant le risque d’un défaut de paiement, ont dégradé la note souveraine du Congo.

Le Congo n’a pas remboursé le capital et les intérêts d’un emprunt  qui arrivait à échéance le 30 juin 2016. Il a également échoué à régler cette dette durant la période de grâce de 30 jours qui arrivait à échéance le 30 juillet 2016.

 

Problème de liquidité ou difficulté de

Selon le Gouvernement congolais, le défaut de rembourser la dette (capital et intérêts) n’est pas lié au manque de liquidité mais plutôt à une erreur administrative.

L’agence de notation Fitch a répliqué qu’une telle affirmation, si elle s’avérait,  constituerait une preuve de faiblesses institutionnelles du pays.

Cette situation met en évidence un problème de gouvernance, de manque de transparence et d’imputabilité dans la gestion de recettes  des matières premières et de la dette. Qui va payer pour cette erreur administrative  ?

Nous sommes devant un problème sérieux de gestion de l’endettement. Après le qui a tenté de cacher la dette au Fonds monétaire international, le Congo cherche à maquiller son incapacité à rembourser sa dette. Les institutions des pays africains devraient accorder une attention particulière à l’imputabilité et à la transparence dans la gestion et la communication de leur dette.

MOZAMBIQUE : LE GROUPE FINANCIER LAZARD REÇOIT LE CONTRAT D’ÉVALUER SA DETTE EXTÉRIEURE

Mozambique

Une semaine après la dégradation de la note souveraine du de Caa1 à Caa3 par l’agence de notation Moody’s, indiquant un risque de défaut, le ministre des Finances a annoncé avoir engagé le groupe financier Lazard pour évaluer sa dette extérieure.

Par ailleurs, selon l’agence Écofin, le cabinet d’avocats White & Case LLP va conseiller le gouvernement mozambicain dans ce cadre.

Les agences de notation craignent les risques d’un défaut souverain

L’agence Moody’s a abaissé la note souveraine du Mozambique de Caa1 à Caa3 avec perspectives négatives, estimant le risque de défaut de paiement élevé.

À la fin du mois de mai, l’agence Fitch avait dégradé la note souveraine du Mozambique de CCC à CC, estimant que la possibilité d’une restructuration pourrait précipiter un incident de crédit.

Le groupe financier Lazard a une grande expérience en .

Dans une entrevue accordée à Jeune Afrique en septembre 2012 lors de la création d’un département Afrique, le directeur général délégué en France a précisé que le groupe Lazard conseille les gouvernements africains qui veulent obtenir une notation de leur dette, la réduire ou émettre des obligations souveraines. Ajoutant que Lazard est déjà intervenu au Gabon, au Nigéria, en RDC, en , en Éthiopie et au Sénégal.

Souhaitons que l’expertise de Lazard permettra au Mozambique de retrouver la confiance des investisseurs et des bailleurs de fonds et l’appréciation dont il a toujours bénéficiée avant de sombrer dans la mauvaise en dissimulant une dette de 1,4 milliards de dollars.

La économique ralentit sur fonds de tensions inflationnistes.

Le Fonds monétaire international a prévoit un ralentissement de la croissance économique au Mozambique en 2016 à 4,5% après une progression de 6,6 % en 2015.

 

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Quant à l’inflation, elle s’est accélérée pour atteindre 19,7 % en juin 2016, contre  2,3 % en août 2015 alimentée par la dépréciation de la monnaie (le metical).

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ANGOLA : DÉFI DE TRANSPARENCE À L’HEURE DE L’AUSTÉRITÉ

 

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www.angop.ao

L’économie angolaise, affaiblie par la chute des cours du pétrole affiche une morosité très inquiétante : la ralentit, le niveau de vie de la population est en baisse, les pressions  inflationnistes s’intensifient tandis que les déficits publics et extérieurs se creusent.

Le gouvernement angolais a annoncé une révision à la baisse de la croissance du produit intérieur brut à 1,3 % en 2016  contre 3,3 % initialement et des coupures budgétaires de 6 milliards de dollars à 24 milliards contre 30 milliards prévus auparavant.

Après avoir  renoncé à un prêt du Fonds monétaire international dont les négociations avaient débuté en avril dernier, le gouvernement angolais a annoncé avoir bénéficié d’un prêt chinois de 11,46 milliards de dollars depuis le mois de novembre 2015.

La conjoncture économique se détériore

Le gouvernement prévoit une croissance économique de 1,3 % contre 3,3 % initialement  et 2,5 % prévu par le Fonds monétaire international en avril dernier. Il s’agit de son plus faible taux de croissance depuis 1993 et  nettement inférieur à celui de la population estimé à 2,9 %.

Les pressions inflationnistes s’intensifient, l’indice des prix à la consommation a progressé de 31,8 % sur un an en juin contre une progression de 10,5 % un an auparavant. Pour lutter contre l’inflation la banque centrale a relevé les taux d’intérêt  de 200 points de base à 16 %.

Le gouvernement prévoit réduire ses dépenses de 6 milliards de dollars à 24 milliards et les recettes à 18 milliards de dollars. Ce qui va gonfler le déficit budgétaire à 6 % du PIB et la dette publique à 47,9 milliards de dollars.

Angola inflation

La décision de renoncer à un prêt du FMI soulève des doutes

Les autorités angolaises ont justifié leur décision de renoncer à un prêt du FMI par la reprise des cours du pétrole à 41 dollars de baril aujourd’hui contre près de 20 dollars quand elles ont approché le FMI.

Toutefois, elles ont annoncé leur ferme volonté de poursuivre les réformes recommandées par le FMI notamment l’élargissement de l’assiette fiscale et la diversification des sources de revenus.

Les mêmes autorités ont par ailleurs tenu à préciser qu’elles ont bénéficié d’un prêt chinois de 11,46 milliards de dollars.

Plusieurs analystes doutent de l’explication fournie par les autorités mais estiment plutôt que l’exercice de transparence sur la dette chinoise vise à préparer le FMI pour les prochaines négociations étant donné que la morosité économique se poursuit et qu’un recours au prêt du FMI serait inévitable.

Certains vont jusqu’à attribuer ce recul à la crainte que le FMI ne découvre l’opacité dans la gestion des entreprises publiques notamment en rapport avec les recettes pétrolières.

En effet, le prix du manque de transparence que paie le , actuellement proche du défaut de paiement, pour avoir caché au FMI une dette doit faire réfléchir tous les pays qui vont recourir au programme du FMI avant d’avoir fait le ménage dans la gestion des finances publiques.

MOZAMBIQUE : QUI PAIERA LE PRIX DE LA DISSIMULATION DE 1,4 MILLIARDS DE DETTE?

Mozambique

Au Brésil et en Grèce, le manque de transparence sur les finances publiques a conduit à la suspension de la présidente Madame Rousseff et à la crise grecque.

Au , le Gouvernement traverse une crise de depuis qu’il a reconnu avoir dissimulé 1,4 milliards de dollars de dette au Fonds monétaire international (FMI). L’incertitude créée par ce manque de transparence du gouvernement est lourde de conséquences pour l’économie du Mozambique.

Selon diverses agences de presse, le gouvernement a justifié son absence de transparence par l’instabilité militaire (un parti d’opposition qui se comporte comme une rébellion) ainsi que la transition entre deux gouvernements en 2015.

Le FMI, la Banque mondiale et plusieurs autres bailleurs de fonds ont suspendu leurs programmes d’aide et craignent une détérioration des finances publiques du pays.

Les principales agences de notation (Moody’s, Fitch et Standard and Poors) ont dégradé la note souveraine du Mozambique craignant le risque d’un défaut de paiement.

La monnaie du  Mozambique (metical) s’est dépréciée fortement ces derniers jours. En date du 10 juin, le taux de change était de 60 meticals pour un dollar américain contre 37,6 meticals un an plus tôt.

MozambiqueGraph-metical

L’inflation à 10 % au début de 2016 s’est accélérée pour atteindre 17,5 % en mai 2016, contre  1,3 % en mai 2015 alimentée par la dépréciation du metical.

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La dette brute du Mozambique a atteint une proportion inquiétante, elle est passée de 39,9 % du PIB en 2012 à près de 75 % du PIB en 2015. Certains analystes estiment qu’elle dépassera 100 % du PIB en 2016.

Mozambique-Dette brute

Retour sur les cas récents de manque de transparence sur les finances publiques et leurs conséquences.

En Grèce, le nouveau gouvernement socialiste de Georges Papandreou a annoncé  en 2009 que les comptes grecs ont été truqués en présentant les statistiques conformes aux critères du traité de Maastricht (dette publique ne dépassant pas 60 % du PIB et déficit budgétaire inférieur à 3 % du PIB). Et ce, pour faciliter l’entrée et le maintien de la Grèce dans la zone euro.

Les agences de notation ont dégradé la note souveraine grecque et les marchés financiers ont commencé à douter de la capacité de la Grèce à rembourser ses dettes, ce qui a déclenché la crise grecque qui a eu des conséquences importantes sur l’économie mondiale.

Au Brésil, plus récemment, la présidente, Mme Dilma Rousseff a été accusée d’avoir dissimulé l’ampleur des déficits publics en 2014 et 2015 afin de faciliter sa réélection. Ces accusations ont conduit à sa suspension par le sénat brésilien.

Une crise de gouvernance doublée d’un problème d’imputabilité

Alors qu’en Grèce, le gouvernement qui a falsifié les comptes publics a perdu les élections et qu’au Brésil, la présidente a été suspendue, au Mozambique, on ne note aucune dénonciation publique ni sanction des responsables de la dissimulation d’une dette de 1,4 milliards de dollars. C’est le peuple qui, par la cherté du coût de la vie, subit les conséquences des mensonges d’un gouvernement qui a menti au parlement, au peuple et aux bailleurs de fonds.

La dépréciation de la monnaie, les tensions inflationnistes et la détérioration des finances publiques n’ont rien pour rassurer les investisseurs dont le pays a grandement besoin.

Il y a un véritable problème d’imputabilité auquel les institutions du Mozambique devraient s’attaquer rapidement dans l’intérêt supérieur de ce pays jusque-là prisé par les investisseurs et les bailleurs de fonds.

DEVRAIT-ON CRAINDRE UN RETOUR DE SURENDETTEMENT DANS LES PAYS AFRICAINS?

lautreafrique.info

lautreafrique.info

Le recul des prix du pétrole et des métaux de base a entraîné une forte baisse de recettes budgétaires, une détérioration des comptes courants et une pénurie de devises.

Les pays les plus durement affectés sont notamment : le Gabon dont les recettes pétrolières représentent 32 % des revenus de l’État et 65 % des exportations du pays. L’ dont les revenus de pétrole représentent 67 % des recettes publiques et 97 % des exportations totales. Le Nigéria dont 40 % des recettes publiques et 90 % des exportations viennent du secteur pétrolier. Les grands producteurs de métaux comme l’ du Sud et la sont aussi affectés.

Le premier directeur général adjoint du Fonds monétaire international a appelé, dans des termes diplomatiques, les pays africains  à éviter de tomber dans le piège de l’endettement excessif tout en précisant qu’il ne voyait pas « des pays où la situation est inquiétante ».

Toutefois, les récentes dégradations des notes souveraines et des perspectives de certaines économies africaines productrices de pétrole et de métaux de base, par les principales agences de notation (Moody’s, Fitch rating et Standard & Poors ) montrent que la stabilité macro-économique de certains pays est loin d’être assurée. Certains de ces pays ont vu leurs notes et leurs perspectives dégradées par les trois principales agences de notation.

Chez Moody’s la note du Gabon, de l’Angola et du Nigéria est B1 avec une perspective négative tandis que la du a vu sa note baisser à B2 avec une perspective négative. L’Afrique du Sud a évité de justesse la dégradation de sa note (Baa2 avec une perspective négative) qui était sous surveillance par l’agence Moody’s.

Inquiétude sur la progression de la dette, plus que sur son niveau

Le ratio de la dette au PIB pour certains pays est élevé comparé au seuil de 50 % pour les économies en développement. Ainsi les pays comme le (83 % du PIB), (74,8 %), (73,3 %), Congo (Brazzaville)(64,9 %) et l’Angola (62,3) ont atteint des taux d’endettement élevé par rapport au Produit intérieur brut en 2015.

Toutefois c’est la rapide progression de l’endettement au cours des dernières années qui inquiète le plus. Au Mozambique, la dette brute est passée de 39,9 % du PIB en 2012 à 74,8 % en 2015, en hausse de 34,9 points de pourcentage. En 2016, elle poursuivra sa progression pour atteindre 87,4 % du PIB.

En Angola la progression de la dette est aussi inquiétante. Elle est passée de 29,5 % du PIB en 2012 à 62,3 % du PIB en 2015 et atteindrait 70 % du PIB en 2016.

Certains pays ont demandé de l’aide au Fonds monétaire international à la suite de la hausse des coûts d’emprunts sur les marchés internationaux. Il s’agit notamment du Ghana, Mozambique, Zambie, Nigéria et de l’Angola.

ENDETTEMENT

Détérioration des finances publiques

Le recul des prix des produits de base a fait fondre, les surplus budgétaires et les déficits se sont creusés. Certains pays qui affichaient des excédents en 2012 comme l’Angola (4,6 % du PIB), la Congo (6,3 %) et le Gabon (1,6 %) se sont retrouvés avec de déficits budgétaires importants en 2015, de -4,1 %, -11,8 % et -2,3 % respectivement.

SOLDE BUDGÉTAIRE

Dégradation des comptes courants

Le recul des cours des produits de base a affecté les équilibres extérieurs de certains pays dont l’Angola, le Malawi, le Mozambique et le Gabon.

SOLDE COURANT

Pour rétablir les équilibres budgétaires et courants, quelques politiques publiques sont envisagées dont la réduction des dépenses, l’élargissement de  l’assiette fiscale, l’élimination des subventions pétrolières, la diversification économique et ainsi que d’autres réformes.

AU MOZAMBIQUE UN MENSONGE SUR LA DETTE PROVOQUE UNE CRISE DE GOUVERNANCE ET AFFAIBLIT L’ÉCONOMIE

Mozambique

Le Gouvernement du traverse une crise de depuis que le  Fonds monétaire international, le Groupe Banque mondiale et le Royaume-Uni ont suspendu leur aide en attendant « une transparence totale et une évaluation des faits ».

Selon diverses agences de presse, le gouvernement a justifié son absence de transparence par l’instabilité militaire (un parti d’opposition qui se comporte comme une rébellion) ainsi que la transition entre deux gouvernements en 2015.

Le porte-parole du gouvernement a indiqué qu’une  dette de 1,4 milliards de dollars n’a pas été révélée aux bailleurs de fonds. De ce montant, 622 millions de dollars représente la garantie d’un emprunt souscrit par l’entreprise de capitaux publics Proindicus en 2013, 535 millions de dollars un emprunt par la société Mozambique Asset Managment en 2014, tandis que le solde de  221,4 millions de dollars est un crédit bilatéral émis en 2009 et en 2014 en faveur du ministère de l’Intérieur.

L’incertitude créée par le manque de transparence du gouvernement pèse beaucoup sur la monnaie du  Mozambique qui s’est dépréciée fortement ces derniers jours et augmente les taux d’emprunts du Mozambique sur les marchés obligataires.

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Selon les données du Fonds monétaire international, la dette brute du Mozambique a atteint une proportion inquiétante, elle est passée de 39,9 % du PIB en 2012 à près de 75 % du PIB en 2015. En 2016, elle devrait poursuivre sa progression à 87 % du PIB.

D’autres indicateurs montrent une dégradation des finances publiques et une détérioration du déficit courant alors que la ralentit.MozambiquedetteTableau

 

En conclusion cette crise démontre qu’une faiblesse en matière de gouvernance  et d’imputabilité, jumelée à un manque de transparence d’un gouvernement face aux parlementaires, aux  citoyens et aux bailleurs de fonds internationaux peut comporter des conséquences économiques graves.