Afriquenmemoire Maîtrise de l'Économie, Modernisation des Institutions et Rigueur pour l'Essor de l'Afrique

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LES INÉGALITÉS NUISENT À LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE À LONG TERME ET EXACERBENT LES CONFLITS EN AFRIQUE

Source: Programme des Nations Unies pour le développement

Les travaux du Fonds monétaire international  (FMI) et du Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) montrent que l’ subsaharienne est l’une des régions du monde, avec l’Amérique latine, où les inégalités sont les plus prononcées malgré une forte économique au cours des 25 dernières années. Elle abrite 10 des 19 pays les plus inégalitaires au monde.

Certaines économies africaines affichent des niveaux d’inégalité très élevés qui s’expliquent par une concentration des terres aux mains de quelques personnes et un accès limité aux biens agricoles. Il s’agit principalement de l’Afrique du Sud, de la , du , du , de la , du et de la . D’autres facteurs sont à l’origine des inégalités dans la région, principalement la structure dualiste de l’économie, la forte concentration en capital physique, en capital humain ainsi que le rôle de distribution limité de l’État.

Les travaux du PNUD identifient les principaux moteurs de l’inégalité en termes de capacités humaines, notamment la participation inégale à la vie politique et économique; l’accès inégal aux ressources économiques, financières et naturelles; l’absence de sécurité humaine ainsi que le manquement aux droits de l’homme.

Les inégalités nuisent à la croissance économique et à la cohésion sociale

Selon une étude du FMI, la croissance du PIB réel par habitant en Afrique subsaharienne pourrait gagner près d’un point de pourcentage  par an si les inégalités étaient ramenées aux niveaux observés dans les pays asiatiques.

Par ailleurs, les inégalités élevées ont des impacts négatifs sur la stabilité politique et la cohésion sociale en exacerbant les conflits et les tensions internes. L’Afrique abrite 11 des 20 pays où la probabilité de conflits est la plus élevée dans le monde. Selon le PNUD, le risque de conflit est plus élevé dans les pays inégalitaires  et pauvres.

Enfin, l’inégalité de revenus renforce les inégalités en matière de santé, d’éducation, d’emploi, de participation politique et de  sécurité.  Le chevauchement de ces inégalités perpétue l’exclusion et la privation toute la vie.

Plaidoyer pour une croissance inclusive dont les retombées sont mieux réparties

La couverture de la protection sociale en Afrique est encore trop faible pour réduire sensiblement les inégalités. Plusieurs travaux de recherche montrent que ce n’est qu’en s’attaquant aux inégalités de revenus qu’il sera possible de réaliser une croissance durable et inclusive.

Bien que la situation de chaque pays nécessite une approche spécifique à son contexte, ces recherches convergent sur une série de mesures qui permettraient de faire reculer les inégalités. Les principales étant : l’accélération du développement humain axé sur l’éducation au secondaire, les services de santé et les projets favorables aux femmes; l’amélioration de la productivité agricole, un facteur important de la réaffectation de la main-d’œuvre à d’autres secteurs de l’économie; les réformes structurelles visant la diversification de l’économie; l’investissement dans les infrastructures; l’amélioration de la protection sociale et de l’efficacité distributive des politiques budgétaires; ainsi que l’instauration de la bonne .

AFRIQUE SUBSAHARIENNE : UNE REPRISE DE LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE INSUFFISANTE POUR AMÉLIORER LE NIVEAU DE VIE

Source: .latribune.fr

Le Fonds monétaire internationale (FMI), dans ses Perspectives de l’économie mondiale d’octobre 2017 estime que la reprise économique en Afrique subsaharienne se raffermit après le ralentissement économique de 2016.

Une reprise économique avec plusieurs vitesses dans le court terme 

En Afrique subsaharienne, la devrait s’établir à 2,6 % en 2017 et à 3,4 % en 2018. Ainsi, les principaux producteurs de pétrole sortiront des zones de contraction pour retrouver la croissance, principalement le Nigéria (+0,8 %) en 2017 et l’  (1,5 %) en 2017. En Afrique du Sud, la croissance continue d’être freinée par l’incertitude politique, le PIB réel progressera de 0,7 % en 2017.

Quant aux pays moins dotés en ressources naturelles, certains devraient enregistrer une croissance soutenue en 2017, grâce à la vigueur de la demande intérieure et des investissements dans les infrastructures publics. Il s’agit notamment de l’Éthiopie    (+8,5 %), de la Côte d’Ivoire (+7,6 %), du Sénégal (6,8 %) et de la (+6,5 %).

En passant, l’organisme rappelle qu’une croissance robuste ne s’est pas toujours traduite par une amélioration des équilibres budgétaires et courants, faute de politiques anticycliques.

D’importants risques pèsent sur l’amélioration du niveau de vie de  la population africaine 

Parmi les principaux risques qui pèsent sur l’activité économique en Afrique, le FMI mentionne les effets des catastrophes climatiques, l’intensification de la sécheresse en Afrique orientale et australe et l’insécurité alimentaire.

Par ailleurs, la hausse de l’endettement public et du service de la dette nuisent à la capacité des gouvernements d’offrir les services à la population.

D’autres facteurs pèsent sur la croissance économique, notamment la mauvaise et la corruption qui affaiblissent la confiance, le soutien de la population et la cohésion sociale.

Comment combler les déficits d’infrastructures sans alourdir l’endettement? 

En Afrique subsaharienne, l’insuffisance des infrastructures constitue un frein à la croissance économique. Or, les investissements en infrastructures nécessitent des dépenses budgétaires importantes que les budgets des pays africains ne peuvent pas couvrir sans recourir à l’endettement public.

Constatant que la dette publique et le service de la dette ont beaucoup augmenté au cours des dernières années, le FMI recommande aux pays de cibler des projets dans les infrastructures qui offrent des gains de productivité élevées et un renforcement de la gestion de la dette.

AFRIQUE SUBSAHARIENNE: AFRIQUE SUBSAHARIENNE: RETOUR DU SURENDETTEMENT EN CONTEXTE DE DÉGRADATION DE LA GOUVERNANCE

dette-publique                                                                                                           source: gyk-mouvement.com

L’indicateur le plus utilisé pour mesurer le fardeau de la dette publique dans l’économie est la dette publique brute rapportée au Produit intérieur brut (PIB). Toutefois, un tel indicateur pourrait ne pas refléter le risque réel de l’endettement public dans le contexte des pays où l’économie informelle représente une forte proportion du PIB. C’est ce qui ressort d’un article du Financial Times commentant les récents travaux du Fonds monétaire international, de l’agence de notation Fitch ratings et de Capital Economics.

Selon l’article, un pays ayant un secteur informel important aura de la difficulté à rembourser sa dette étant donné que les revenus  provenant du secteur formel sont faibles. Ainsi, le ratio dette publique brute /PIB du secteur formel offre un meilleur indicateur de la capacité des pays à prélever les revenus pour rembourser la dette.

En utilisant le ratio dette publique rapportée au PIB, le taux d’endettement des pays africains semble relativement gérable, il s’établit à 18,6 % du PIB au Nigéria contre     39 % en , 72 % au et en et 115,2 % au .

Toutefois, le portrait de l’endettement en subsaharienne est moins reluisant lorsque la dette publique est rapportée au PIB du secteur formel. Ainsi, le dette publique s’élève à 53,5 % du PIB formel au Nigéria, à 82,8 % du PIB formel en Tanzanie et à 180 % du PIB formel au Mozambique.

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Le Nigéria : un cas particulier avec un secteur informel estimé  à 65, 1 % du PIB

Au Nigéria, la taille du secteur informel est imposante. Le Fonds monétaire international l’estime à 65,1 % du PIB sur la période 2010-2014 contre une moyenne de 38 % en Afrique subsaharienne. Cette faiblesse du secteur formel (34,9 % du PIB) affecte négativement les recettes du gouvernement qui sont évaluées à seulement 5,3 % du PIB au Nigéria contre une moyenne de 16,9 % du PIB en Afrique subsaharienne.

L’utilisation du ratio dette publique / PIB du secteur formel fait passer le taux d’endettement du Nigéria de 18,6 % à 53,5 %, ce qui soulève des inquiétudes sur la viabilité de sa dette. Par ailleurs, lorsqu’on mesure la dette nigériane par rapport aux recettes du gouvernement, le taux dépasse 300 %, le seuil de viabilité de la dette, établi par le Programme de renforcement des capacités des pays pauvres très endettés du FMI et de la Banque mondiale.

Hausse de l’endettement dans une conjoncture économique difficile et une qualité de la en recul.

Le rapport CPIA de la Banque mondiale vient de dresser un état des lieux assez préoccupant de la gestion économique, des politiques structurelles, des politiques d’inclusion et d’équité ainsi que de la gestion du secteur public. Selon la Banque mondiale, il y a une dégradation de la qualité des politiques et des institutions, ajoutant qu’il est indéniable que la situation tend à se détériorer.

Dette publique des pays classés selon  le poids du secteur informel                                                                (en pourcentage du PIB total et du PIB secteur formel dans certains pays)

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L’INDICE DU DÉVELOPPEMENT HUMAIN RESTE FAIBLE EN AFRIQUE MALGRÉ UNE DÉCENNIE DE CROISSANCE

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source: webguinee.net

Dans son rapport sur le développement humain, le programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD), nous apprend que d’impressionnants progrès ont été réalisés dans le domaine du développement humain au cours des dernières années mais  que le monde se trouve confronté à plusieurs défis notamment les privations, les inégalités et l’extrémisme violent qui ont une incidence négative sur le bien-être des générations présentes et futures.

L’indice du développement humain de la majorité des pays africains reste faible  

L’Indice de développement humain (IDH) est un indice composite regroupant trois dimensions fondamentales du développement humain : l’espérance de vie à la naissance qui exprime la capacité à vivre longtemps et en bonne santé, la durée moyenne de scolarisation qui exprime la capacité à acquérir des connaissances ainsi que le revenu national brut par habitant traduisant la capacité à avoir un niveau de vie décent. L’IDH a une limite supérieure de 1,0.

Sur le africain, seulement cinq pays se classent parmi les pays ayant un niveau de développement humain élevé. Il s’agit des (63e mondial), (64e  rang), Algérie (83e  rang), (97e) et de la (102e).

Dans la catégorie des pays ayant un niveau moyen de développement humain, on dénombre treize pays africains : le (108e), le Gabon (109e), l’Égypte (111e), l’ du Sud (119e), le (122e), le (123e), la (125e ), le (135e), la Guinée Équatoriale (135e), le (139e), la (139e), Sao Tomé & Principe (142e) et le (146e).

Parmi les 41 pays classés dans la catégorie ayant un faible niveau de développement humain, 36 se situent en Afrique subsaharienne dont les dix derniers : la (188e), le (187e), le (186e), le (185e), le (184e), la Guinée (183e), le du Sud (181e), le (181e), la (179e) et l’Érythrée (179e).

Les statistiques de l’IDH en Afrique montrent que la dernière décennie de n’a pas permis de combler l’écart par rapport aux autres régions du monde. Par ailleurs, dans certains pays les inégalités se sont aggravées.

Le rapport sur le développement humain souligne que ce sont les groupes pauvres, marginalisés et vulnérables qui sont laissés le plus loin derrière.

Pour réaliser un véritable rattrapage en matière de développement humain, il faudra améliorer la et mettre l’accent sur la satisfaction des besoins fondamentaux de la population en Afrique.

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AFRIQUE : LA REPRISE ÉCONOMIQUE AU NIGÉRIA RAVIVE L’OPTIMISME SUR LA CROISSANCE DU CONTINENT

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source: Terangaweb.com

Selon World Economics, l’activité économique sur le africain poursuivra son expansion en avril à la suite de la reprise de l’activité dans les grandes économies de la région, principalement au Nigéria et en du Sud.

L’indice composite qui reflète la confiance des directeurs d’achats dans l’économie et qui prend en compte les prises de commandes, la production, l’emploi, les prix, les livraisons ou encore les stocks  a gagné 1,5 points pour s’établir à 55,7 en avril.

L’indice de la des marchés, qui reflète la croissance économique s’est établi à 54,2 en avril à la suite de la reprise de l’activité économique au Nigéria après une récession et de l’amélioration des conditions en Afrique du Sud. Ces deux principales économies représentent près de 35 % de l’activité économique du continent.

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Une reprise modeste est attendue en 2017, suivie d’une expansion en 2018

Avec l’amélioration de la conjoncture mondiale et la hausse des prix des matières premières, la croissance de l’économie africaine pourrait se redresser progressivement dès le  premier trimestre 2017.

Le Fonds monétaire international (FMI), dans sa mise à jour du printemps, prévoit qu’après une année 2016 médiocre avec une croissance de 1,5 %, l’activité économique en Afrique subsaharienne devrait s’accélérer en 2017 (2,6 %) et en 2018 (3,5 %).

Au Nigéria, la production devrait progresser de 0,8 % en 2017, après s’être contractée de 1,5 % en 2016, grâce à un redressement du secteur pétrolier, à une croissance persistante dans l’agriculture et à une augmentation de l’investissement public

En Afrique du Sud, une reprise modeste est attendue, avec une prévision de croissance de 0,8 % en 2017, grâce au rebond des prix des produits de base, à une amélioration des récoltes et à l’expansion des capacités de production d’électricité.

Quant à l’, la croissance devrait aussi devenir positive en 2017, à 1,3 %, soutenue par une expansion dans le secteur non pétrolier sous l’effet de l’augmentation des dépenses publiques et une amélioration des termes de l’échange.

L’inflation devrait fléchir en 2017 et 2018, tout en restant supérieure à 10 % en 2017 dans certains pays à la suite des dépréciations monétaires.

 Les conflits internes et la mauvaise pourraient peser sur la reprise  

En plus des risques économiques qui pourraient nuire à la croissance mondiale principalement les mesures protectionnistes, les resserrements des conditions financières ou encore le démantèlement  de la réglementation, les perspectives économiques en Afrique pourraient  être affectées à la baisse par les troubles internes dans certains pays et la mauvaise gouvernance.

L’incertitude liée aux guerres civiles et les conflits internes durant les campagnes électorales prévues en 2017 dans plusieurs pays pourraient freiner la reprise économique.

Par ailleurs, la mauvaise gouvernance et la corruption dans certains pays pourraient miner la confiance des investisseurs et peser lourdement sur l’activité économique.

En outre, les risques liés à la persistance de la sécheresse pourraient affecter l’activité économique dans certaines régions.

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AFRIQUE DU SUD : L’AGENCE FITCH EMBOÎTE LE PAS À S&P, UN CONTRASTE AVEC L’OPTIMISME DES DIRECTEURS D’ACHAT

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Après S&P, l’agence de notation Fitch Ratings a dégradé, à son tour, la note souveraine de l’ du Sud dans la catégorie des investissements dits « spéculatifs », c’est-à-dire fortement déconseillés. La note passe de BBB- à BB+. Cette décision fait suite au limogeage du ministre des Finances Pravin Gordhan, très respecté par les milieux financiers pour sa gestion des finances publiques et son combat contre la corruption.

Selon l’agence Fitch, qui s’attend à ce que l’assainissement budgétaire soit moins une priorité, «ce remaniement pourrait saper, si ce n’est inverser, les progrès effectués dans la des entreprises publiques, ce qui augmente le risque de voir la dette de ces entreprises peser sur les comptes publics».

Cette dégradation arrive une semaine après l’abaissement de la note souveraine de l’Afrique du Sud par S&P Global. De son côté, l’agence Moody’s a annoncé, ce mardi, avoir placé le pays sous surveillance pendant une période de 30 à 90 jours.

La dégradation de la note souveraine plombe le rand                                                                                                                           

La chute du rand s’est poursuivie cette semaine. Depuis l’annonce du limogeage du ministre des Finances, le rand, s’est déprécié, perdant 11,2 % par rapport au dollar américain. Cette dépréciation du rand fait craindre la fuite des capitaux, le retour de l’inflation qui était à son plus bas  niveau des dernières années et la hausse des taux par la banque centrale.

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L’optimisme des directeurs d’achat                                                                                                                              

L’indice des directeurs d’achat du mois de mars, qui reflète la confiance des directeurs d’achats dans l’économie d’un pays est resté en zone d’expansion, s’établissant à 50,5 points, en léger recul par rapport à 51,3 points en février. Cet indice prend en compte les prises de commandes, la production, l’emploi, les livraisons ou encore les stocks.

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AFRIQUE DU SUD : LA NOTE SOUVERAINE DÉGRADÉE DANS LA CATÉGORIE SPÉCULATIVE PAR S&P, DEVRAIT-ON S’ATTENDRE À UN EFFET DOMINO?

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Source: Lefigaro.fr

À la suite du limogeage du ministre des Finances Pravin Gordhan, très respecté par les milieux financiers pour sa gestion des finances publiques et son combat contre la corruption, l’agence de notation S&P, vient de dégrader la note souveraine de l’ du Sud dans la catégorie des investissements dits « spéculatifs », c’est-à-dire fortement déconseillés.

En faisant passer la note souveraine  de BBB- à BB+,  l’agence S&P a ajouté : « cette dégradation reflète notre conviction que les divisions au sein du gouvernement dominé par l’ANC, qui ont débouché sur des changements de l’équipe dirigeante, y compris du ministre des Finances créent un risque en ce qui concerne la continuité politique ».

Depuis l’annonce du limogeage du ministre des Finances, les marchés ont montré plus de nervosité et la monnaie sud-africaine (le rand) a dévissé, perdant 7,6 % par rapport au dollar et 7,2 % par rapport à la livre sterling. La chute pourrait être encore plus marquée dans les jours à venir.

Pour rappel, l’Afrique du Sud avait évité de justesse la dégradation de sa note en décembre 2016, grâce à la détermination du ministre Gordhan à réduire le déficit budgétaire, ce qui avait rassuré les investisseurs et les agences de notation.

Un coup dur pour la en Afrique

Avec cette dégradation de la note souveraine, l’Afrique du Sud, le pays le plus industrialisé d’Afrique, rejoint la liste des pays où il est moins intéressant d’investir. Les milieux financiers sont convaincus que le ministre Gordhan est victime de sa rigueur financière, de sa gestion transparente des fonds publics et de son intransigeance face aux affaires de corruption qui éclaboussent le président Zuma. Certains soulignent  une de ses déclarations : « nous avons la responsabilité de faire avancer ce pays dans la bonne direction, pas seulement pour remplir nos poches et pour nous-mêmes, mais pour le bénéfice de millions de Sud- africains ».

Détérioration des perspectives économiques

Avec une note dans la catégorie des investissements spéculatifs, le coût du service de la dette devrait augmenter, réduisant ainsi les services à la population sud-africaine. Par ailleurs, la dégradation de la note viendra saper la confiance des investisseurs  envers l’économie sud-africaine  qui s’est contractée au 4ème trimestre de 2016 plombée par une baisse importante de la production minière (-11,5 %) et un recul de la production manufacturière(-3,1 %).

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INDICE MONDIAL DU BONHEUR : LES AFRICAINS SERAIENT LES MOINS HEUREUX

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Source: fr.123.rf.com

Selon l’édition 2017 du World Happiness Report,  commandé par les Nations-Unies,  seuls 6 pays africains se classent dans les 100 premiers pays où les citoyens sont les plus heureux. Parmi les dix pays où les citoyens se décrivent les plus malheureux, huit se situent en subsaharienne.

L’indice mondial du bonheur, portant sur 155 pays a été publié pour la première fois en 2012. Il se base sur 38 indicateurs dont six d’entre eux sont considérés comme étant objectifs. Il s’agit du PIB, de l’espérance de vie, de la confiance mesurée à travers la perception d’une absence de corruption dans le pays, du soutien social mesuré par l’appui de quelqu’un sur qui compter en cas de difficultés, de la générosité estimée à partir des dons reçus et de l’impression de liberté dans ses choix de vie. D’autres indicateurs plus subjectifs ont été pris en compte comme le sentiment de sécurité, l’inquiétude ou le stress.

La méthodologie utilisée consiste à demander à un échantillon d’environ 1000 personnes par pays de répondre à une série de questions sur la perception de leur qualité de vie sur une échelle de 0 à 10.

Dans le classement mondial, ce sont les pays scandinaves, la Norvège, le Danemark et l’Islande qui occupent les trois premières places du classement, suivis  de la Suisse (4e), de la Finlande (5e), des Pays-Bas (6e) du Canada (7e), de la Nouvelle-Zélande (8e), de l’Australie (9e) et de la Suède (10e).

Sur le africain, l’Algérie est le pays le plus heureux, il est classé au 53e rang mondial. L’île arrive en deuxième place (64e rang mondial) suivie de la (68e), du (84e), de la (93e) et du Nigéria (95e).

Parmi les dix pays où les citoyens se décrivent les plus malheureux, huit se situent en Afrique subsaharienne, la (155e), le (154e), la (153e), le (151e), le (150e), la Guinée (149e), le Libéria (148e) et le du Sud (147e). Les autres pays hors du continent africain étant la Syrie (152e) et le Yémen (146e).

Toutefois, ce classement pour certains pays africains surprend. Ainsi, la Libye (2e) et la Somalie (5e ), pays ravagés par des guerres civiles, se classent parmi les plus heureux en Afrique, tandis que les autres pays en guerre comme la Syrie (152e) et le Yémen se retrouvent parmi les plus malheureux.

Selon les auteurs du World Happiness Report, le principal enjeu pour les dirigeants est la compréhension des raisons qui influent sur le bien-être des citoyens. Le bonheur peut être considéré comme un indicateur du progrès social et un objectif des politiques publiques. En effet, le bien être, un indicateur souvent considéré comme subjectif, dépend beaucoup du comportement pro-social des membres de la société.

Les sociétés ayant atteint un niveau de capital social élevé, synonyme de confiance généralisée, de bonne et de soutien mutuel entre les individus, atteignent facilement un niveau élevé de bien-être en encourageant des systèmes de soutien social, la générosité, le bénévolat et l’honnêteté dans l’administration publique.

Dans le cas contraire, les sociétés au capital social faible, déchirées par la méfiance et la malhonnêteté doivent redoubler d’efforts en investissant dans le capital social à travers l’éducation, les codes professionnels de conduite, le désaveu public des contrevenants à la confiance citoyenne et les politiques publiques pour réduire les inégalités.

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ANGOLA : UNE ÉCONOMIE À RISQUE À CAUSE DE SA FORTE DÉPENDANCE AU PÉTROLE ET À LA CHINE

source: bigbrowser.blog.lemonde.fr

Nova Cidade de Kilamaba, ville bâtie par la Chine                                                                  source: bigbrowser.blog.lemonde.fr

Selon l’ambassade de Chine à Luanda, cité par l’agence Ecofin, les échanges commerciaux entre la Chine et l’ ont bondi de 50,47 % en glissement annuel en janvier, pour s’établir à 2,02 milliards de dollars en janvier. Les exportations angolaises vers la Chine ont atteint 1,85 milliards de dollars en janvier tandis que la valeur des importations en provenance de la Chine s’est établie à 167 millions de dollars.

Une embellie temporaire soutenue par la demande chinoise de pétrole

La forte hausse des échanges commerciaux entre la Chine et l’Angola en janvier 2017 s’explique par un bond spectaculaire des importations chinoises en provenance de l’Angola de 59,08 %.

En effet, le commerce chinois est en hausse depuis novembre dernier. La des importations chinoises est revenue en territoire positif grâce à la hausse des importations de matières premières, principalement le fer, le charbon et le pétrole, à la suite de l’augmentation des dépenses publiques dans les infrastructures. En février, les importations chinoises libellées en dollars ont bondi de 38,1 % sur un an, la plus forte progression depuis 2012, comparativement à une hausse de 16,7 % en janvier. Libellées en yuans, les importations chinoises ont progressé de 44,7 % sur un an.

Toutefois, la performance du commerce en Chine au cours des premiers mois de 2017, tirée par les investissements dans les infrastructures, est temporaire. La Chine poursuit le rééquilibrage de son modèle axé sur le commerce et l’industrie vers une économie soutenue davantage par la consommation et les services. Par ailleurs, le gouvernement chinois vient d’abaisser son objectif de croissance pour 2017 à 6,5 % comparativement à une progression de 6,7 % réalisée en 2016.

La faiblesse des cours du pétrole et le rééquilibrage de l’économie chinoise nuisent à la croissance de l’économie angolaise

La chute des cours du pétrole a affecté négativement l’économie angolaise `cause de la forte dépendance à cette ressource (plus de 90 % des exportations, près de 75 % des recettes de l’État et plus de 40 % du PIB).

Le rééquilibrage du modèle de croissance  et le ralentissement de l’économie chinoise, premier partenaire commercial (près de 50 % des exportations angolaises) a également affecté la croissance de l’économie chinoise par le biais de la baisse de la demande des matières premières. Les exportations de l’Angola vers la Chine ont baissé progressivement, passant de 33,5 milliards de dollars à 13,8 milliards en 2016. En 2017, le commerce entre les deux pays a enregistré un rebond temporaire.

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La diversification de l’économie s’impose pour créer des emplois et améliorer le niveau de vie de la population.

La croissance de l’économie angolaise affiche un ralentissement continu depuis 2014, plombée par le manque de diversification dans un contexte de baisse des cours des matières premières. Cette dépendance à l’égard du pétrole rend l’économie vulnérable à la fluctuation des cours.

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Pour améliorer le niveau de vie de la population, le gouvernement doit redoubler d’effort pour poursuivre une politique de diversification de l’économie et mettre en place des réformes qui permettront d’améliorer la compétitivité et créer des emplois pour la population angolaise. Les principales réformes devraient porter sur l’amélioration de la et des institutions, l’accroissement des investissements en infrastructures, poursuivre l’ouverture économique  par le biais de l’intégration régionale et réduire les inégalités par les programmes sociaux axés sur la satisfaction des besoins fondamentaux de la population.

NIGÉRIA : 14ème ÉCONOMIE MONDIALE EN 2050? UN DÉFI DE TAILLE

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Selon une étude du cabinet de conseil et d’audit PWC, intitulé The world in 2050- The long view : how will global economic order change by 2050, le Nigéria passerait du 22e rang en 2016 au 14e rang en 2050 dans le classement mondial.

Cette perspective s’appuie sur une annuelle de la population de 2,3 % et une croissance économique moyenne annuelle de 4,2 %.

Pour concrétiser ce potentiel, le Nigéria devrait entreprendre des réformes structurelles de son économie et des institutions de . Le cabinet conseil PWC  recommande notamment la diversification de l’économie pour réduire la dépendance au pétrole, l’amélioration des standards de gouvernance en luttant contre la corruption et en améliorant le système de taxation ainsi qu’en investissant dans les infrastructures.

Cette perspective est intéressante pour l’ensemble du africain pour qui  l’économie nigériane serait un moteur de croissance comme l’est la Chine pour les pays asiatiques.

Selon PWC, d’autres grandes économies africaines devraient améliorer leur classement au niveau mondial. Ainsi l’Égypte passerait du 22e rang au 15e rang en 2050. Quant à l’ du Sud, elle pourrait gagner deux places, passant de 29e rang en 2016 au 27e rang en 2050.

Rattrapage des économies émergentes

Ailleurs dans le monde, le rattrapage des économies émergentes sera soutenu par la démographie ainsi que les investissements en éducation, dans les infrastructures et les technologies.

Ainsi, en 2050, six des sept plus grandes économies au monde pourraient être des pays émergents. La part du PIB de la Chine s’établirait à 20 % du PIB mondial en 2050 contre 18 % en 2016. Quant à l’Inde, sa part devrait doubler pour atteindre 15 % en 2050 contre 7 % en 2016.

Les économies des pays avancés pénalisées par la démographie

La croissance des économies matures restera faible, plombée par le vieillissement de la population et la baisse de la population active. La part de l’Europe des 27 dans l’économie mondiale  pourrait tomber à seulement 9 % en 2050 contre 15 % en 2016. Quant aux États-Unis, ils pourraient perdre deux places au profit de la Chine et de l’Inde, leur part dans l’économie mondiale passant de 16 % en 2016 à 12 % en 2050.

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