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AFRIQUE SUBSAHARIENNE : UNE REPRISE ÉCONOMIQUE FRAGILE

La Banque mondiale a publié cette semaine ses « Perspectives économiques mondiales », dans lesquelles elle prévoit une accélération de la en subsaharienne à 3,2 % en 2018, après une hausse de 2,4 % en 2017.  Par la suite la croissance économique se stabilisera à 3,5 % en 2019 et à 3,6 % en 2020.

La croissance (mesurée en parité de pouvoir d’achat (PPA) s’établira à 3,5 % en 2018 contre une hausse de 2,7 % en 2017. En 2019 et 2020, la croissance est attendue à 3,7 % et 3,8 % respectivement.

Selon l’institution, cette croissance sera soutenue par le raffermissement du prix des produits de base et un renforcement graduel de la demande domestique à la suite de la mise en œuvre des réformes.

Toutefois, il subsiste des risques de détérioration de la conjoncture africaine, notamment : un ralentissement de l’économie chinoise, une baisse des prix des produits de base, une augmentation plus forte que prévu des taux d’intérêt mondiaux et des mesures insuffisantes pour améliorer la dynamique de la dette.

Une reprise modeste  qui n’améliore pas suffisamment le niveau de vie de la population

Avec une croissance économique moyenne  à peine supérieure à la croissance de la population, il sera très difficile de lutter contre la pauvreté et améliorer le niveau de vie de la population. Après trois années de contraction du niveau de vie entre 2015 (-0,4 %) et 2017 (-0,3 %). La croissance du PIB par habitant est attendue en territoire positif avec une croissance atone de 0,5 % en 2018. La Banque mondiale anticipe une progression du PIB par habitant de 0,8 % et 0,9 % en 2019 et en 2020 respectivement.

Une croissance économique à plusieurs vitesses

Les grandes économies du   continuent de subir les effets de la baisse des cours des produits de base, malgré quelques améliorations. L’Afrique du Sud devrait voir son taux de croissance passer de 0,8 % en 2017 à 1,1 % en 2018. Au Nigéria, la croissance devrait s’accélérer à 2,5 % en 2018, contre 1 % l’année dernière.

Huit pays devraient afficher une croissance économique supérieure à 6 % en 2018. Il s’agit du (8,3 %), de l’Éthiopie (8,2 %), de la Côte d’Ivoire (7,2 %), du Sénégal (6,9 %), de la (6,8 %), de la Sierra Léone (6,3 %), du Bénin (6,0 %) et du (6,0).

Source: Banque mondiale

 

AFRIQUE DU SUD : LES AGENCES DE NOTATION SANCTIONNENT LA DÉTÉRIORATION DE L’ÉCONOMIE ET DE LA GOUVERNANCE

L’agence de notation Standard & Poors (S&P) a abaissé, le 25 novembre,  les deux notes de l’ du Sud dans la catégorie spéculative à BB (en devises étrangères) et à BB+ (en monnaie locale) avec des perspectives stables. L’agence S&P s’inquiète du ralentissement de l’économie, de la détérioration des finances publiques, de la hausse de l’endettement, de la persistance du chômage et de la détérioration du niveau de vie de la population. En raison des décisions économiques des autorités sud-africaines, l’économie a stagné et sa compétitivité internationale s’est érodée.

À son tour, l’agence de notation Moody’s a placé la note souveraine de l’Afrique du Sud sous perspective négative à Baa3. Cette perspective reflète les risques liés à la mise en œuvre de réformes structurelles pour restaurer la confiance et redresser l’économie.

Quant à l’agence Fitch, elle  a confirmé la note de crédit à long terme en devise locale et étrangère de l’Afrique du Sud avec une perspective stable à BB+ dans la catégorie spéculative.

La dégradation de la note souveraine aura un impact sur les taux d’intérêts et sur le coût du service de la dette. Par ailleurs, les investisseurs qui doutent de la capacité des autorités sud-africaines à redresser l’économie pourraient arrêter d’investir ou sortir leurs capitaux.

Une au ralenti, une aggravation du chômage et une détérioration du niveau de vie de la population

L’économie sud-africaine n’a pas profité, comme les autres pays émergents, de la remontée des cours des matières premières. Elle a, au contraire ralenti continuellement, plombée par une demande intérieure morose, les ménages et les entreprises ayant vu leur confiance s’éroder. La croissance économique est passée de 3,3 % en 2011 à 0,3 % en 2016. Le gouvernement sud-africain et le fonds monétaire international prévoient une faible croissance de 0,7 % en 2017.

Avec une croissance économique inférieure à celle de la population, le niveau de vie de la population ne cesse de se détériorer. La croissance du PIB par habitant est passé de 1,8 % en 2011 à -1,3 % en 2016.

Quant au taux de chômage, il ne cesse d’augmenter passant de 24,8 % en 2011 à 27,6 % en 2017.

Plusieurs analystes estiment qu’il sera très difficile pour l’Afrique du Sud de redresser l’économie au cours des prochains mois.

Une dégradation des finances publiques et une persistance du déficit courant

Le gouvernement sud-africain ne dispose d’aucune marge de manœuvre pour maîtriser le déficit budgétaire qui ne cesse de se détériorer (-4,5 % en 2017), ce qui augmente l’endettement public (53 % du PIB).

LES INÉGALITÉS NUISENT À LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE À LONG TERME ET EXACERBENT LES CONFLITS EN AFRIQUE

Source: Programme des Nations Unies pour le développement

Les travaux du Fonds monétaire international  (FMI) et du Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) montrent que l’ subsaharienne est l’une des régions du monde, avec l’Amérique latine, où les inégalités sont les plus prononcées malgré une forte économique au cours des 25 dernières années. Elle abrite 10 des 19 pays les plus inégalitaires au monde.

Certaines économies africaines affichent des niveaux d’inégalité très élevés qui s’expliquent par une concentration des terres aux mains de quelques personnes et un accès limité aux biens agricoles. Il s’agit principalement de l’Afrique du Sud, de la , du , du , de la , du et de la . D’autres facteurs sont à l’origine des inégalités dans la région, principalement la structure dualiste de l’économie, la forte concentration en capital physique, en capital humain ainsi que le rôle de distribution limité de l’État.

Les travaux du PNUD identifient les principaux moteurs de l’inégalité en termes de capacités humaines, notamment la participation inégale à la vie politique et économique; l’accès inégal aux ressources économiques, financières et naturelles; l’absence de sécurité humaine ainsi que le manquement aux droits de l’homme.

Les inégalités nuisent à la croissance économique et à la cohésion sociale

Selon une étude du FMI, la croissance du PIB réel par habitant en Afrique subsaharienne pourrait gagner près d’un point de pourcentage  par an si les inégalités étaient ramenées aux niveaux observés dans les pays asiatiques.

Par ailleurs, les inégalités élevées ont des impacts négatifs sur la stabilité politique et la cohésion sociale en exacerbant les conflits et les tensions internes. L’Afrique abrite 11 des 20 pays où la probabilité de conflits est la plus élevée dans le monde. Selon le PNUD, le risque de conflit est plus élevé dans les pays inégalitaires  et pauvres.

Enfin, l’inégalité de revenus renforce les inégalités en matière de santé, d’éducation, d’emploi, de participation politique et de  sécurité.  Le chevauchement de ces inégalités perpétue l’exclusion et la privation toute la vie.

Plaidoyer pour une croissance inclusive dont les retombées sont mieux réparties

La couverture de la protection sociale en Afrique est encore trop faible pour réduire sensiblement les inégalités. Plusieurs travaux de recherche montrent que ce n’est qu’en s’attaquant aux inégalités de revenus qu’il sera possible de réaliser une croissance durable et inclusive.

Bien que la situation de chaque pays nécessite une approche spécifique à son contexte, ces recherches convergent sur une série de mesures qui permettraient de faire reculer les inégalités. Les principales étant : l’accélération du développement humain axé sur l’éducation au secondaire, les services de santé et les projets favorables aux femmes; l’amélioration de la productivité agricole, un facteur important de la réaffectation de la main-d’œuvre à d’autres secteurs de l’économie; les réformes structurelles visant la diversification de l’économie; l’investissement dans les infrastructures; l’amélioration de la protection sociale et de l’efficacité distributive des politiques budgétaires; ainsi que l’instauration de la bonne .

AFRIQUE SUBSAHARIENNE : UNE REPRISE DE LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE INSUFFISANTE POUR AMÉLIORER LE NIVEAU DE VIE

Source: .latribune.fr

Le Fonds monétaire internationale (FMI), dans ses Perspectives de l’économie mondiale d’octobre 2017 estime que la reprise économique en Afrique subsaharienne se raffermit après le ralentissement économique de 2016.

Une reprise économique avec plusieurs vitesses dans le court terme 

En Afrique subsaharienne, la devrait s’établir à 2,6 % en 2017 et à 3,4 % en 2018. Ainsi, les principaux producteurs de pétrole sortiront des zones de contraction pour retrouver la croissance, principalement le Nigéria (+0,8 %) en 2017 et l’  (1,5 %) en 2017. En Afrique du Sud, la croissance continue d’être freinée par l’incertitude politique, le PIB réel progressera de 0,7 % en 2017.

Quant aux pays moins dotés en ressources naturelles, certains devraient enregistrer une croissance soutenue en 2017, grâce à la vigueur de la demande intérieure et des investissements dans les infrastructures publics. Il s’agit notamment de l’Éthiopie    (+8,5 %), de la Côte d’Ivoire (+7,6 %), du Sénégal (6,8 %) et de la (+6,5 %).

En passant, l’organisme rappelle qu’une croissance robuste ne s’est pas toujours traduite par une amélioration des équilibres budgétaires et courants, faute de politiques anticycliques.

D’importants risques pèsent sur l’amélioration du niveau de vie de  la population africaine 

Parmi les principaux risques qui pèsent sur l’activité économique en Afrique, le FMI mentionne les effets des catastrophes climatiques, l’intensification de la sécheresse en Afrique orientale et australe et l’insécurité alimentaire.

Par ailleurs, la hausse de l’endettement public et du service de la dette nuisent à la capacité des gouvernements d’offrir les services à la population.

D’autres facteurs pèsent sur la croissance économique, notamment la mauvaise et la corruption qui affaiblissent la confiance, le soutien de la population et la cohésion sociale.

Comment combler les déficits d’infrastructures sans alourdir l’endettement? 

En Afrique subsaharienne, l’insuffisance des infrastructures constitue un frein à la croissance économique. Or, les investissements en infrastructures nécessitent des dépenses budgétaires importantes que les budgets des pays africains ne peuvent pas couvrir sans recourir à l’endettement public.

Constatant que la dette publique et le service de la dette ont beaucoup augmenté au cours des dernières années, le FMI recommande aux pays de cibler des projets dans les infrastructures qui offrent des gains de productivité élevées et un renforcement de la gestion de la dette.

EXPANSION DE L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE DANS LES GRANDES ÉCONOMIES AFRICAINES SAUF AU KENYA

L’indice PMI (Purchasing Managers’ Index) reflète la confiance des directeurs d’achats dans l’économie. Il prend en compte les prises de commandes, la production, l’emploi, les prix, les livraisons ou encore les stocks. Un indice supérieur à 50 indique une expansion tandis qu’une statistique inférieure à 50 montre une contraction de l’activité. Au Nigéria, l’activité demeure solide tandis qu’en du Sud, l’économie montre des signes de faiblesse. Enfin au , les signent de ralentissement se multiplient.
Nigéria : L’activité manufacturière a poursuivi son expansion pour un cinquième mois consécutif en août
L’activité manufacturière a poursuivi son expansion au Nigéria en août malgré un léger ralentissement, soutenue par la hausse des inventaires. L’indice PMI manufacturier s’est établi à 53,6 en août contre 54,1 en juillet et une moyenne de 53,0 au premier semestre de 2017.
L’activité des services a poursuivi son expansion en août, l’indice s’est établi à 54,1 comparativement à 54,4 en juillet. Bref, l’économie nigériane se redresse progressivement après s’être contractée de 1,5 % en 2016.

Afrique du Sud : La de l’activité économique a perdu la vigueur et s’approche de la zone de contraction. 

L’activité économique a ralenti à la suite du recul de la production et de nouvelles commandes. Toutefois, l’activité a été soutenue par la création d’emploi, qui a soutenu la demande.

L’incertitude politique continue de plomber l’activité économique. Ainsi la banque centrale a décidé de maintenir son taux directeur à 6,75 % même si le recul de l’inflation et la faiblesse de la croissance militaient pour une baisse du taux pour soutenir l’économie.

Kenya : L’activité économique se contracte pour un quatrième mois de suite  

L’activité économique s’est fortement contractée en août, affaiblie par les difficultés d’accès au crédit et la faiblesse de la demande. En effet, l’incertitude politique et la faiblesse du pouvoir d’achat continuent de peser sur la demande.  L’indice PMI est resté en territoire de contraction pour un quatrième mois consécutif en août à 42,0 contre 48,1 en juillet.

RDC : UNE PÉNURIE DE DEVISES ACCOMPAGNÉE D’UNE DÉPRÉCIATION MONÉTAIRE ET DES TENSIONS INFLATIONISTES INSOUTENABLES

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L’économie congolaise traverse une période difficile,  frappée de plein fouet par la baisse des cours mondiaux de ses principales exportations et par l’instabilité de l’environnement politico-sécuritaire. La économique a ralenti en 2016 pour s’établir à 2,5 % après une hausse de 6,9 % en 2015.

Une pénurie de devises étrangères préoccupante

Le ralentissement des exportations et la baisse des investissements étrangers ont entraîné  une pénurie de devises. Selon un communiqué de la Banque centrale du 05 juillet 2017, les réserves de change se sont situées à 708,77 millions de dollars, soit 3,11 semaines d’importations de biens et services. Ce niveau de réserves de change est de loin inférieur à l’objectif d’au moins 10 semaines d’importations fixé par les       autorités congolaises en 2012.

Pour lutter contre la pénurie de devise, les autorités congolaises ont demandé aux sociétés minières étrangères de transférer obligatoirement en RDC 40 % de leurs bénéfices issus des exportations de minerais.

Persistance de la dépréciation du franc congolais et intensification de l’inflation

La pénurie des devises a engendré une dépréciation du franc congolais par rapport au dollar américain. En date du 20 juillet 2017, le dollar américain s’est négocié à 1 605 francs congolais contre 929 francs le 21 novembre 2016, une dépréciation de 72,8 %.

Quant à l’inflation, elle a connu, selon la banque centrale, sa plus forte accélération en juin, avec un taux de 7,4 % contre une hausse de 3 % en mai. En cumul annuel, l’inflation s’est établie à 20,8 % contre 1,1 % à la même période de 2016. En glissement annuel, elle est ressortie à 32,9 % contre une cible de 7,0 % à la fin décembre 2017.

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La banque centrale du durcit sa politique monétaire

La banque centrale du Congo a relevé son taux directeur à deux reprises  en 2017 pour limiter la dépréciation du franc congolais et ralentir l’inflation. Le 26 juin dernier, elle a relevé son taux directeur de 6 points à 20 % pour « faire face à la tendance croissante du taux de change et de réduire le rythme des hausses des prix domestiques».

Toutefois, les chances de succès de cette politique restent limitées car la hausse de taux du mois de janvier 2017, qui faisait passer le taux directeur de 7 % à 14 %, n’a pas ralenti la dépréciation du franc congolais ni fait fléchir l’inflation.

LE RETARD DE CROISSANCE CHEZ LES ENFANTS EST EN RECUL PARTOUT SAUF EN AFRIQUE MALGRÉ UNE DÉCENNIE D’EMBELLIE ÉCONOMIQUE

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Selon les travaux réalisés conjointement par le Groupe de la Banque mondiale, l’Organisation mondiale pour la santé (OMS) et l’UNICEF, les retards de chez les enfants de moins de cinq ans en s’aggravent alors qu’ils sont en recul dans les autres régions du monde.

Le nombre d’enfants de moins de cinq ans atteints de retard de croissance en Afrique est en augmentation continue depuis 1990, passant de 44,8 millions en 1990 à 57,1 millions en 2015. Cette progression s’explique par la croissance de la population et les faibles progrès dans la réduction du pourcentage d’enfants atteints de retard de croissance.

Les pays asiatiques ont réduit substantiellement le nombre d’enfants de moins de cinq ans atteints de retard de croissance, passant de 100 millions en 1990 à 62,7 millions en 2015 en Asie du Sud. En Asie de l’Est et du Pacifique, le nombre d’enfants atteints de retard de croissance est passé de 75 millions en 1990 à 20 millions en 2015.

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Toutefois, le taux de retard de croissance continue de baisser, mais très légèrement. Il est passé de 38,8 % en 2000 à 31,6 % en 2015.

Par ailleurs, la prévalence du surpoids est en constante évolution. Le nombre d’enfants de moins de 5 ans en surpoids  est passé de 6 millions en 1995 à 10,5 millions en 2015.

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Des retards de croissance aux conséquences humains et économiques énormes

Le développement économique durable des économies africaines repose sur le potentiel humain de l’ensemble des citoyens. Cependant, le retard de croissance des enfants impose des coûts élevés de développement économique, social et humain aux individus, aux ménages, aux communautés et aux pays.

Selon l’OCDE, le PNUD et la BAFD (2017), la malnutrition et le retard de croissance des enfants ont des effets néfastes sur l’apprentissage tout au long de la vie, la productivité et le revenu.

L’UNICEF estime le coût annuel d’une mauvaise nutrition en Afrique subsaharienne à 25 milliards de dollars. En pourcentage du PIB, les pertes se situent entre 2 à 16 % du PIB chaque année.

Une initiative qui suscite beaucoup d’espoir

L’initiative des dirigeants africains pour la nutrition, lancée par la BAFD et le Panel mondial sur les systèmes agricoles et alimentaires avec pour objectif de promouvoir et d’augmenter les investissements en nutrition  constitue un espoir pour le développement humain et économique durable du africain.

En effet, l’investissement dans le développement humain se traduit non seulement par la réduction de la pauvreté mais aussi par la croissance économique qui, à son tour, permet un investissement plus important dans le développement humain. (OCDE, 2017).

Selon le Panel mondial, une hausse des investissements pour réduire le retard de croissance de 45 % d’ici 2025, pourrait générer des gains de 83 milliards de dollars du PIB dans 15 pays d’Afrique subsaharienne dont 29 milliards pour le Nigéria et 16 milliards pour l’Éthiopie.

Enfin, les autorités devront s’assurer que les avantages des investissements profitent à une forte proportion de la population, ce qui n’a pas été le cas au cours de la dernière décennie de croissance. La croissance économique doit être inclusive.

AFRIQUE SUBSAHARIENNE : UNE REPRISE ATTENDUE MAIS INSUFFISANTE POUR AMÉLIORER LE NIVEAU DE VIE DE LA POPULATION

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La Banque mondiale, dans son édition de juin 2017 des Perspectives pour l’économie mondiale, anticipe que la économique en subsaharienne devrait s’accélérer pour s’établir à 2,6 % en 2017 et 3,2 % en 2018.

Selon la Banque mondiale, l’amélioration de la croissance en 2017 et 2018 découle en grande partie de la remontée des prix des matières premières ainsi que de réformes qui améliorent les conditions économiques.

L’institution est moins optimiste qu’en janvier 2017. La croissance a été revue à la baisse pour toutes les années de la période de prévision.  En 2017 et en 2018, les perspectives ont été abaissées (−0,3 point de pourcentage par rapport à janvier et −0,4 point de pourcentage par rapport à janvier) respectivement.

La faiblesse des perspectives africaines est tirée par la reprise timide des grandes économies comme le Nigéria (1,2 % en 2017 et 2,4 % en 2018), l’Afrique du Sud (0,6 % en 2017 et 1,1 % en 2018) et l’ (1,2 % en 2017 et 0,9 % en 2018).

Quant aux pays moins dotés en ressources naturelles, certains ont enregistré une croissance soutenue grâce à la vigueur de la demande intérieure et des investissements dans les infrastructures publics, à la résilience du secteur des services et à la reprise de la production agricole. Il s’agit principalement de l’Éthiopie (+8,3 % en 2017), de la (+7,2 %), de la Côte d’Ivoire (+6,8 %) et du Sénégal (6,7 %).

Le recul du niveau de vie met en péril les objectifs de lutte contre la pauvreté

Selon la prévision de la Banque mondiale, le niveau de vie mesuré par le Produit intérieur brut réel par habitant devrait poursuivre sa contraction en 2017 pour atteindre −0,1 % avant d’enregistrer une croissance modeste de 0,7 % sur la période 2018-2019. La Banque mondiale ajoute qu’à ce rythme, la croissance ne sera pas suffisante pour permettre l’atteinte des objectifs de réduction de la pauvreté.

La progression de l’endettement dans certains pays de la région inquiète

L’accroissement des déficits budgétaires et, dans certains cas, les fortes dépréciations des taux de change ont généré une hausse du niveau de la dette publique dans la région. La perspective d’une hausse de taux d’intérêt inquiète.

Selon la Banque mondiale, l’ampleur des emprunts non concessionnels pour le développement des infrastructures a entraîné une élévation des coûts du service de la dette dans plusieurs pays.

Le cas du est parmi les plus préoccupants, avec une dette publique qui est passée de 40 % du PIB, à environ 120 % entre 2013 et 2017.

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AFRIQUE SUBSAHARIENNE : LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE EN 2016 À SON PLUS BAS NIVEAU EN DEUX DÉCENNIES

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source: lejecos.com

Le Fonds monétaire internationale, dans ses nouvelles perspectives économiques régionales de mai 2017 estime que la économique en subsaharienne s’est fortement ralentie en 2016, tombant à un 1,4 % en moyenne.

Une croissance à plusieurs vitesses en Afrique subsaharienne 

Environ deux tiers des pays, qui représentent 83 % du PIB de la région, ont enregistré un ralentissement de leur croissance économique.

L’activité économique dans plusieurs pays riches en ressources naturelles s’est contractée, principalement au du Sud (-13,4%), en Guinée équatoriale (-10,0 ), au (-6,4 %), au (-2,7 %), au Nigéria (-1,5 %) et au Libéria (-1,2 %).        En , la croissance a stagné.

Dans certains pays, les effets de la faiblesse des cours des matières premières ont été aggravés par les difficultés internes, notamment la crise politique en Afrique du Sud (+0,3 %) et la sécheresse au (+0,5 %).

Dans d’autres pays, les facteurs internes ont contribué à soutenir la croissance, notamment au (+5,4 %) grâce aux dépenses d’investissement et à une politique monétaire accommodante  et en (+6,6 %) à la suite  de l’expansion du secteur minier et des services.

Quant aux pays moins dotés en ressources naturelles, certains ont enregistré une croissance soutenue grâce à la vigueur de la demande intérieure et des investissements dans les infrastructures publics. Il s’agit notamment de la Côte d’Ivoire (+7,5 %), de l’Éthiopie (+8,0 %), du Sénégal (6,6 %) et du (+6,0 %).

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L’INDICE DU DÉVELOPPEMENT HUMAIN RESTE FAIBLE EN AFRIQUE MALGRÉ UNE DÉCENNIE DE CROISSANCE

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source: webguinee.net

Dans son rapport sur le développement humain, le programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD), nous apprend que d’impressionnants progrès ont été réalisés dans le domaine du développement humain au cours des dernières années mais  que le monde se trouve confronté à plusieurs défis notamment les privations, les inégalités et l’extrémisme violent qui ont une incidence négative sur le bien-être des générations présentes et futures.

L’indice du développement humain de la majorité des pays africains reste faible  

L’Indice de développement humain (IDH) est un indice composite regroupant trois dimensions fondamentales du développement humain : l’espérance de vie à la naissance qui exprime la capacité à vivre longtemps et en bonne santé, la durée moyenne de scolarisation qui exprime la capacité à acquérir des connaissances ainsi que le revenu national brut par habitant traduisant la capacité à avoir un niveau de vie décent. L’IDH a une limite supérieure de 1,0.

Sur le africain, seulement cinq pays se classent parmi les pays ayant un niveau de développement humain élevé. Il s’agit des (63e mondial), (64e  rang), Algérie (83e  rang), (97e) et de la (102e).

Dans la catégorie des pays ayant un niveau moyen de développement humain, on dénombre treize pays africains : le (108e), le Gabon (109e), l’Égypte (111e), l’ du Sud (119e), le (122e), le (123e), la (125e ), le (135e), la Guinée Équatoriale (135e), le (139e), la (139e), Sao Tomé & Principe (142e) et le (146e).

Parmi les 41 pays classés dans la catégorie ayant un faible niveau de développement humain, 36 se situent en Afrique subsaharienne dont les dix derniers : la (188e), le (187e), le (186e), le (185e), le (184e), la Guinée (183e), le du Sud (181e), le (181e), la (179e) et l’Érythrée (179e).

Les statistiques de l’IDH en Afrique montrent que la dernière décennie de n’a pas permis de combler l’écart par rapport aux autres régions du monde. Par ailleurs, dans certains pays les inégalités se sont aggravées.

Le rapport sur le développement humain souligne que ce sont les groupes pauvres, marginalisés et vulnérables qui sont laissés le plus loin derrière.

Pour réaliser un véritable rattrapage en matière de développement humain, il faudra améliorer la et mettre l’accent sur la satisfaction des besoins fondamentaux de la population en Afrique.

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