Afriquenmemoire Maîtrise de l'Économie, Modernisation des Institutions et Rigueur pour l'Essor de l'Afrique

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AFRIQUE SUBSAHARIENNE : UNE REPRISE ÉCONOMIQUE FRAGILE

La Banque mondiale a publié cette semaine ses « Perspectives économiques mondiales », dans lesquelles elle prévoit une accélération de la en subsaharienne à 3,2 % en 2018, après une hausse de 2,4 % en 2017.  Par la suite la croissance économique se stabilisera à 3,5 % en 2019 et à 3,6 % en 2020.

La croissance (mesurée en parité de pouvoir d’achat (PPA) s’établira à 3,5 % en 2018 contre une hausse de 2,7 % en 2017. En 2019 et 2020, la croissance est attendue à 3,7 % et 3,8 % respectivement.

Selon l’institution, cette croissance sera soutenue par le raffermissement du prix des produits de base et un renforcement graduel de la demande domestique à la suite de la mise en œuvre des réformes.

Toutefois, il subsiste des risques de détérioration de la conjoncture africaine, notamment : un ralentissement de l’économie chinoise, une baisse des prix des produits de base, une augmentation plus forte que prévu des taux d’intérêt mondiaux et des mesures insuffisantes pour améliorer la dynamique de la dette.

Une reprise modeste  qui n’améliore pas suffisamment le niveau de vie de la population

Avec une croissance économique moyenne  à peine supérieure à la croissance de la population, il sera très difficile de lutter contre la pauvreté et améliorer le niveau de vie de la population. Après trois années de contraction du niveau de vie entre 2015 (-0,4 %) et 2017 (-0,3 %). La croissance du PIB par habitant est attendue en territoire positif avec une croissance atone de 0,5 % en 2018. La Banque mondiale anticipe une progression du PIB par habitant de 0,8 % et 0,9 % en 2019 et en 2020 respectivement.

Une croissance économique à plusieurs vitesses

Les grandes économies du   continuent de subir les effets de la baisse des cours des produits de base, malgré quelques améliorations. L’Afrique du Sud devrait voir son taux de croissance passer de 0,8 % en 2017 à 1,1 % en 2018. Au Nigéria, la croissance devrait s’accélérer à 2,5 % en 2018, contre 1 % l’année dernière.

Huit pays devraient afficher une croissance économique supérieure à 6 % en 2018. Il s’agit du (8,3 %), de l’Éthiopie (8,2 %), de la Côte d’Ivoire (7,2 %), du Sénégal (6,9 %), de la (6,8 %), de la Sierra Léone (6,3 %), du Bénin (6,0 %) et du (6,0).

Source: Banque mondiale

 

FINANCEMENT DES INFRASTRUCTURES : L’AFRIQUE ACCUSE UN RETARD IMPORTANT

Source: www.afdb.org

Un rapport du Consortium pour les infrastructures en (ICA), « Tendances du financement des infrastructures en Afrique en 2016 », montre que le est loin de couvrir ses besoins en financement des infrastructures.

En effet en 2016, les investissements publics et privés dans les infrastructures de transports, d’énergie, d’eau et d’assainissement, ainsi que des technologies de l’information et de la communication ont totalisé 62,5 milliards de dollars contre
78,9 milliards de dollars en 2015,  soit une baisse de 21 %.

Selon l’ICA, l’Afrique devrait investir entre 120 et 140 milliards de dollars pour couvrir ses besoins de développement.

La chine, un acteur important dans le financement des infrastructures en Afrique

Entre 2011et 2016, le financement chinois dans les infrastructures en Afrique s’élève en moyenne à 12 milliards de dollars annuellement.

En 2016, le financement externe, qui représente 58 % du total, a atteint son niveau le plus bas des sept dernières années, à 36,2 milliards de dollars, à la suite de la baisse des investissements chinois  (-14,5 milliards) et de ceux du secteur privé (-4,9 milliards). En effet, les investissements chinois se sont établis à 6,4 milliards de dollars, en baisse par rapport à 20,9 milliards de dollars en 2015. La perspective de resserrement des grandes banques centrales des pays avancés fait craindre une baisse plus importante des investissements privés en Afrique.

Les crédits budgétaires alloués par 46 gouvernements africains ont atteint 26,3 milliards de dollars, soit 42,1 % du financement total. Cette hausse de financement dans un contexte de déficits budgétaires et courants risque d’alourdir l’endettement des pays.

LE RETARD DE CROISSANCE CHEZ LES ENFANTS EST EN RECUL PARTOUT SAUF EN AFRIQUE MALGRÉ UNE DÉCENNIE D’EMBELLIE ÉCONOMIQUE

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Selon les travaux réalisés conjointement par le Groupe de la Banque mondiale, l’Organisation mondiale pour la santé (OMS) et l’UNICEF, les retards de chez les enfants de moins de cinq ans en s’aggravent alors qu’ils sont en recul dans les autres régions du monde.

Le nombre d’enfants de moins de cinq ans atteints de retard de croissance en Afrique est en augmentation continue depuis 1990, passant de 44,8 millions en 1990 à 57,1 millions en 2015. Cette progression s’explique par la croissance de la population et les faibles progrès dans la réduction du pourcentage d’enfants atteints de retard de croissance.

Les pays asiatiques ont réduit substantiellement le nombre d’enfants de moins de cinq ans atteints de retard de croissance, passant de 100 millions en 1990 à 62,7 millions en 2015 en Asie du Sud. En Asie de l’Est et du Pacifique, le nombre d’enfants atteints de retard de croissance est passé de 75 millions en 1990 à 20 millions en 2015.

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Toutefois, le taux de retard de croissance continue de baisser, mais très légèrement. Il est passé de 38,8 % en 2000 à 31,6 % en 2015.

Par ailleurs, la prévalence du surpoids est en constante évolution. Le nombre d’enfants de moins de 5 ans en surpoids  est passé de 6 millions en 1995 à 10,5 millions en 2015.

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Des retards de croissance aux conséquences humains et économiques énormes

Le développement économique durable des économies africaines repose sur le potentiel humain de l’ensemble des citoyens. Cependant, le retard de croissance des enfants impose des coûts élevés de développement économique, social et humain aux individus, aux ménages, aux communautés et aux pays.

Selon l’OCDE, le PNUD et la BAFD (2017), la malnutrition et le retard de croissance des enfants ont des effets néfastes sur l’apprentissage tout au long de la vie, la productivité et le revenu.

L’UNICEF estime le coût annuel d’une mauvaise nutrition en Afrique subsaharienne à 25 milliards de dollars. En pourcentage du PIB, les pertes se situent entre 2 à 16 % du PIB chaque année.

Une initiative qui suscite beaucoup d’espoir

L’initiative des dirigeants africains pour la nutrition, lancée par la BAFD et le Panel mondial sur les systèmes agricoles et alimentaires avec pour objectif de promouvoir et d’augmenter les investissements en nutrition  constitue un espoir pour le développement humain et économique durable du africain.

En effet, l’investissement dans le développement humain se traduit non seulement par la réduction de la pauvreté mais aussi par la croissance économique qui, à son tour, permet un investissement plus important dans le développement humain. (OCDE, 2017).

Selon le Panel mondial, une hausse des investissements pour réduire le retard de croissance de 45 % d’ici 2025, pourrait générer des gains de 83 milliards de dollars du PIB dans 15 pays d’Afrique subsaharienne dont 29 milliards pour le Nigéria et 16 milliards pour l’Éthiopie.

Enfin, les autorités devront s’assurer que les avantages des investissements profitent à une forte proportion de la population, ce qui n’a pas été le cas au cours de la dernière décennie de croissance. La croissance économique doit être inclusive.

L’INDICE DU DÉVELOPPEMENT HUMAIN RESTE FAIBLE EN AFRIQUE MALGRÉ UNE DÉCENNIE DE CROISSANCE

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source: webguinee.net

Dans son rapport sur le développement humain, le programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD), nous apprend que d’impressionnants progrès ont été réalisés dans le domaine du développement humain au cours des dernières années mais  que le monde se trouve confronté à plusieurs défis notamment les privations, les inégalités et l’extrémisme violent qui ont une incidence négative sur le bien-être des générations présentes et futures.

L’indice du développement humain de la majorité des pays africains reste faible  

L’Indice de développement humain (IDH) est un indice composite regroupant trois dimensions fondamentales du développement humain : l’espérance de vie à la naissance qui exprime la capacité à vivre longtemps et en bonne santé, la durée moyenne de scolarisation qui exprime la capacité à acquérir des connaissances ainsi que le revenu national brut par habitant traduisant la capacité à avoir un niveau de vie décent. L’IDH a une limite supérieure de 1,0.

Sur le africain, seulement cinq pays se classent parmi les pays ayant un niveau de développement humain élevé. Il s’agit des (63e mondial), (64e  rang), Algérie (83e  rang), (97e) et de la (102e).

Dans la catégorie des pays ayant un niveau moyen de développement humain, on dénombre treize pays africains : le (108e), le Gabon (109e), l’Égypte (111e), l’ du Sud (119e), le (122e), le (123e), la (125e ), le (135e), la Guinée Équatoriale (135e), le (139e), la (139e), Sao Tomé & Principe (142e) et le (146e).

Parmi les 41 pays classés dans la catégorie ayant un faible niveau de développement humain, 36 se situent en Afrique subsaharienne dont les dix derniers : la (188e), le (187e), le (186e), le (185e), le (184e), la Guinée (183e), le du Sud (181e), le (181e), la (179e) et l’Érythrée (179e).

Les statistiques de l’IDH en Afrique montrent que la dernière décennie de n’a pas permis de combler l’écart par rapport aux autres régions du monde. Par ailleurs, dans certains pays les inégalités se sont aggravées.

Le rapport sur le développement humain souligne que ce sont les groupes pauvres, marginalisés et vulnérables qui sont laissés le plus loin derrière.

Pour réaliser un véritable rattrapage en matière de développement humain, il faudra améliorer la et mettre l’accent sur la satisfaction des besoins fondamentaux de la population en Afrique.

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AFRIQUE : LA REPRISE ÉCONOMIQUE AU NIGÉRIA RAVIVE L’OPTIMISME SUR LA CROISSANCE DU CONTINENT

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source: Terangaweb.com

Selon World Economics, l’activité économique sur le africain poursuivra son expansion en avril à la suite de la reprise de l’activité dans les grandes économies de la région, principalement au Nigéria et en du Sud.

L’indice composite qui reflète la confiance des directeurs d’achats dans l’économie et qui prend en compte les prises de commandes, la production, l’emploi, les prix, les livraisons ou encore les stocks  a gagné 1,5 points pour s’établir à 55,7 en avril.

L’indice de la des marchés, qui reflète la croissance économique s’est établi à 54,2 en avril à la suite de la reprise de l’activité économique au Nigéria après une récession et de l’amélioration des conditions en Afrique du Sud. Ces deux principales économies représentent près de 35 % de l’activité économique du continent.

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Une reprise modeste est attendue en 2017, suivie d’une expansion en 2018

Avec l’amélioration de la conjoncture mondiale et la hausse des prix des matières premières, la croissance de l’économie africaine pourrait se redresser progressivement dès le  premier trimestre 2017.

Le Fonds monétaire international (FMI), dans sa mise à jour du printemps, prévoit qu’après une année 2016 médiocre avec une croissance de 1,5 %, l’activité économique en Afrique subsaharienne devrait s’accélérer en 2017 (2,6 %) et en 2018 (3,5 %).

Au Nigéria, la production devrait progresser de 0,8 % en 2017, après s’être contractée de 1,5 % en 2016, grâce à un redressement du secteur pétrolier, à une croissance persistante dans l’agriculture et à une augmentation de l’investissement public

En Afrique du Sud, une reprise modeste est attendue, avec une prévision de croissance de 0,8 % en 2017, grâce au rebond des prix des produits de base, à une amélioration des récoltes et à l’expansion des capacités de production d’électricité.

Quant à l’, la croissance devrait aussi devenir positive en 2017, à 1,3 %, soutenue par une expansion dans le secteur non pétrolier sous l’effet de l’augmentation des dépenses publiques et une amélioration des termes de l’échange.

L’inflation devrait fléchir en 2017 et 2018, tout en restant supérieure à 10 % en 2017 dans certains pays à la suite des dépréciations monétaires.

 Les conflits internes et la mauvaise pourraient peser sur la reprise  

En plus des risques économiques qui pourraient nuire à la croissance mondiale principalement les mesures protectionnistes, les resserrements des conditions financières ou encore le démantèlement  de la réglementation, les perspectives économiques en Afrique pourraient  être affectées à la baisse par les troubles internes dans certains pays et la mauvaise gouvernance.

L’incertitude liée aux guerres civiles et les conflits internes durant les campagnes électorales prévues en 2017 dans plusieurs pays pourraient freiner la reprise économique.

Par ailleurs, la mauvaise gouvernance et la corruption dans certains pays pourraient miner la confiance des investisseurs et peser lourdement sur l’activité économique.

En outre, les risques liés à la persistance de la sécheresse pourraient affecter l’activité économique dans certaines régions.

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INDICE MONDIAL DU BONHEUR : LES AFRICAINS SERAIENT LES MOINS HEUREUX

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Source: fr.123.rf.com

Selon l’édition 2017 du World Happiness Report,  commandé par les Nations-Unies,  seuls 6 pays africains se classent dans les 100 premiers pays où les citoyens sont les plus heureux. Parmi les dix pays où les citoyens se décrivent les plus malheureux, huit se situent en subsaharienne.

L’indice mondial du bonheur, portant sur 155 pays a été publié pour la première fois en 2012. Il se base sur 38 indicateurs dont six d’entre eux sont considérés comme étant objectifs. Il s’agit du PIB, de l’espérance de vie, de la confiance mesurée à travers la perception d’une absence de corruption dans le pays, du soutien social mesuré par l’appui de quelqu’un sur qui compter en cas de difficultés, de la générosité estimée à partir des dons reçus et de l’impression de liberté dans ses choix de vie. D’autres indicateurs plus subjectifs ont été pris en compte comme le sentiment de sécurité, l’inquiétude ou le stress.

La méthodologie utilisée consiste à demander à un échantillon d’environ 1000 personnes par pays de répondre à une série de questions sur la perception de leur qualité de vie sur une échelle de 0 à 10.

Dans le classement mondial, ce sont les pays scandinaves, la Norvège, le Danemark et l’Islande qui occupent les trois premières places du classement, suivis  de la Suisse (4e), de la Finlande (5e), des Pays-Bas (6e) du Canada (7e), de la Nouvelle-Zélande (8e), de l’Australie (9e) et de la Suède (10e).

Sur le africain, l’Algérie est le pays le plus heureux, il est classé au 53e rang mondial. L’île arrive en deuxième place (64e rang mondial) suivie de la (68e), du (84e), de la (93e) et du Nigéria (95e).

Parmi les dix pays où les citoyens se décrivent les plus malheureux, huit se situent en Afrique subsaharienne, la (155e), le (154e), la (153e), le (151e), le (150e), la Guinée (149e), le Libéria (148e) et le du Sud (147e). Les autres pays hors du continent africain étant la Syrie (152e) et le Yémen (146e).

Toutefois, ce classement pour certains pays africains surprend. Ainsi, la Libye (2e) et la Somalie (5e ), pays ravagés par des guerres civiles, se classent parmi les plus heureux en Afrique, tandis que les autres pays en guerre comme la Syrie (152e) et le Yémen se retrouvent parmi les plus malheureux.

Selon les auteurs du World Happiness Report, le principal enjeu pour les dirigeants est la compréhension des raisons qui influent sur le bien-être des citoyens. Le bonheur peut être considéré comme un indicateur du progrès social et un objectif des politiques publiques. En effet, le bien être, un indicateur souvent considéré comme subjectif, dépend beaucoup du comportement pro-social des membres de la société.

Les sociétés ayant atteint un niveau de capital social élevé, synonyme de confiance généralisée, de bonne et de soutien mutuel entre les individus, atteignent facilement un niveau élevé de bien-être en encourageant des systèmes de soutien social, la générosité, le bénévolat et l’honnêteté dans l’administration publique.

Dans le cas contraire, les sociétés au capital social faible, déchirées par la méfiance et la malhonnêteté doivent redoubler d’efforts en investissant dans le capital social à travers l’éducation, les codes professionnels de conduite, le désaveu public des contrevenants à la confiance citoyenne et les politiques publiques pour réduire les inégalités.

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NIGÉRIA : 14ème ÉCONOMIE MONDIALE EN 2050? UN DÉFI DE TAILLE

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Selon une étude du cabinet de conseil et d’audit PWC, intitulé The world in 2050- The long view : how will global economic order change by 2050, le Nigéria passerait du 22e rang en 2016 au 14e rang en 2050 dans le classement mondial.

Cette perspective s’appuie sur une annuelle de la population de 2,3 % et une croissance économique moyenne annuelle de 4,2 %.

Pour concrétiser ce potentiel, le Nigéria devrait entreprendre des réformes structurelles de son économie et des institutions de . Le cabinet conseil PWC  recommande notamment la diversification de l’économie pour réduire la dépendance au pétrole, l’amélioration des standards de gouvernance en luttant contre la corruption et en améliorant le système de taxation ainsi qu’en investissant dans les infrastructures.

Cette perspective est intéressante pour l’ensemble du africain pour qui  l’économie nigériane serait un moteur de croissance comme l’est la Chine pour les pays asiatiques.

Selon PWC, d’autres grandes économies africaines devraient améliorer leur classement au niveau mondial. Ainsi l’Égypte passerait du 22e rang au 15e rang en 2050. Quant à l’ du Sud, elle pourrait gagner deux places, passant de 29e rang en 2016 au 27e rang en 2050.

Rattrapage des économies émergentes

Ailleurs dans le monde, le rattrapage des économies émergentes sera soutenu par la démographie ainsi que les investissements en éducation, dans les infrastructures et les technologies.

Ainsi, en 2050, six des sept plus grandes économies au monde pourraient être des pays émergents. La part du PIB de la Chine s’établirait à 20 % du PIB mondial en 2050 contre 18 % en 2016. Quant à l’Inde, sa part devrait doubler pour atteindre 15 % en 2050 contre 7 % en 2016.

Les économies des pays avancés pénalisées par la démographie

La croissance des économies matures restera faible, plombée par le vieillissement de la population et la baisse de la population active. La part de l’Europe des 27 dans l’économie mondiale  pourrait tomber à seulement 9 % en 2050 contre 15 % en 2016. Quant aux États-Unis, ils pourraient perdre deux places au profit de la Chine et de l’Inde, leur part dans l’économie mondiale passant de 16 % en 2016 à 12 % en 2050.

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GOUVERNANCE EN AFRIQUE : LA SÉCURITÉ ET L’ÉTAT DE DROIT RECULENT, LA CORRUPTION ET LA BUREAUCRATIE PROGRESSENT

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La Fondation Mo Ibrahim, dans sa nouvelle publication de l’indice sur la portant sur 54 pays africains à partir de 95 indicateurs, attire l’attention des pays quant au recul de l’indicateur «sécurité et État de droit» ainsi qu’à l’évolution inquiétante de l’indicateur «corruption et bureaucratie».

Une amélioration de la gouvernance globale sur une décennie 

Au cours de la dernière décennie, la Fondation a constaté une amélioration de la gouvernance globale dans 37 pays regroupant 70 % de la population. La Côte d’Ivoire (+13,1 points), le (+9,7 points) et le (+9,7 points) ont enregistré les plus fortes progressions. Toutefois, 16 pays ont enregistré une dégradation de leur gouvernance globale dont le (-7,6 points).

En 2015, (79,9 points), le (73,0 points), le (73,7 points), les (72,6 points) et la (69,8 points) arrivent en tête du classement.

Un sombre constat en matière de sécurité et État de droit

Sur le , la Fondation a observé une détérioration en matière de sécurité et État de droit au cours de la décennie.

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La corruption et la bureaucratie progressent

La Fondation déplore par ailleurs une évolution inquiétante de l’indicateur de corruption et bureaucratie. Trente-trois pays ont enregistré une dégradation de cet indicateur au cours de la décennie.

Soulignons que la dégradation de cet indicateur, attribuable principalement à  la faiblesse des institutions de gouvernance, compromet la prospérité inclusive en .

Le prix en leadership d’excellence en Afrique décerné à 4 chefs d’État seulement  sur une décennie.

Le prix en leadership d’excellence en Afrique est ouvert aux chefs d’État démocratiquement élus qui ont terminé leur mandat au cours des trois dernières années. L’absence de gagnant pour ce prix à plusieurs reprises témoigne du défi colossal auquel fait face le continent en matière de gouvernance et de l’urgence de se doter d’institutions durables.

ÉVOLUTION DES INDICATEURS DE GOUVERNANCE DE L’INDICE MO IBRAHIM

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Source : Fondation Mo Ibrahim.

104,8 MILLIARDS DE DOLLARS : LE COÛT DES INÉGALITÉS HOMMES/FEMMES EN AFRIQUE

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Dans son rapport sur le développement humain en 2016 : Accélérer les progrès en faveur de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes en Afrique, le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) met en garde les pays africains  contre la discrimination persistante à l’égard des femmes qui compromet sérieusement le développement et ralentit le rythme de économique.

Selon le rapport, « les obstacles structurels profondément enracinés tels que la répartition inégale des ressources, du pouvoir et des richesses, associés à des institutions et des normes sociales qui perpétuent les inégalités freinent les africaines.»

Bien que les disparités économiques varient d’une sous-région à une autre, on observe des inégalités à la fois en termes d’accès aux ressources économiques, de participation sur le milieu du travail, d’opportunités entrepreneuriales ainsi que d’exploitation et d’accès aux bénéfices tirés des ressources naturelles et de l’environnement.

Pour l’année 2014, les disparités entre les hommes et les femmes ont coûté 104,8 milliards de dollars à l’Afrique subsaharienne, soit 6 % du PNB. Entre 2010 et 2014, l’Afrique subsaharienne a perdu en moyenne 95 milliards de dollars par année.

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D’autres études montrent l’impact négatif de l’inégalité des genres sur la productivité

Une étude de Bandara (2015) a montré que les disparités entre les genres sur les plans de la participation au marché du travail et de l’éducation ont un impact négatif sur la production économique des travailleurs dans les pays africains. L’élargissement de l’écart entre les hommes et les femmes de 1 % s’accompagne d’une diminution de la production par travailleur de l’ordre de 0,43 à 0,49 % dans l’ensemble de l’Afrique, de 0,9 à 0,50% en Afrique subsaharienne et de 0,26 à 0,3 % dans un échantillon plus large

Des constats qui nécessitent des changements sans attendre

L’étude du PNUD met en lumière les obstacles qui limitent le temps que les femmes peuvent consacrer à leur éducation et au travail rémunéré. Dans 71 % de cas, ce sont les femmes qui vont chercher de l’eau et le bois de chauffage, elles y consacrent collectivement 40 milliards d’heures par an. Par ailleurs, la santé des africaines pâtit des pratiques néfastes telles que le mariage précoce, la violence physique et sexuelle ainsi que la mortalité maternelle élevée.

Une lueur d’espoir : les femmes africaines dans les élites gagnent du terrain

Une étude du cabinet Mc Kinsey Global Institute intitulé « Women Matter » montre que les femmes sont plus présentes dans les conseils d’administration des grandes entreprises par rapport aux autres régions du monde. Ainsi 36 % des promotions à des postes de responsabilités sont accordées à des femmes qui représentent  29 % des cadres supérieurs, et 22 % des membres de cabinets ministériels. Quant aux femmes parlementaires, elles sont de plus de plus nombreuses sur le et représentent 24 % contre une  moyenne mondiale de 21%.

Investir pour l’égalité et l’autonomisation des femmes garantirait une croissance inclusive.

L’étude du PNUD conclut que la résorption des inégalités entre les genres exige une approche impliquant l’ensemble des pouvoirs publics et de la société en tenant compte des liens établis entre le bien-être social des femmes et les opportunités économiques. Il propose quatre axes d’intervention notamment l’adoption de réformes juridiques, le renforcement des capacités nationale en vue d’accélérer l’implication des femmes dans la prise de décisions, l’adoption d’approches multisectorielles destinées à promouvoir l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes et enfin l’accélération de de l’accès des femmes aux droits de propriétés et de gestion des ressources.

L’ÉTONNANTE RÉSILIENCE DE L’ÉCONOMIE EN ÉTHIOPIE ET AU CAMEROUN

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La résilience de l’économie éthiopienne face à la plus sévère sécheresse depuis 30 ans et au recul des  cours du café témoigne d’une politique économique saine qui a fait de l’Éthiopie un pays plébiscité par les bailleurs de fonds internationaux et les investisseurs.

Quant à l’économie camerounaise, la plus diversifié de la région de l’ centrale, elle fait preuve de résilience face à la baisse des cours du pétrole et à la hausse des dépenses sécuritaires dans le cadre de la lutte contre le terrorisme du groupe Boko Haram.

Les deux économies ont mis en place des programmes de diversification économique et des projets structurants d’infrastructures publics qui ont dynamisé l’économie.

Éthiopie : à deux chiffres sur une décennie

Une étude du cabinet conseil en stratégie Havas Horizons sur la perception des 55 plus grandes institutions financières et bancaires classe l’Éthiopie au premier rang en Afrique. Selon l’étude, le pays s’est développé au cours des dix dernières années, affichant une croissance moyenne annuelle dépassant les 8 %, l’un des taux les plus élevés du . Il investit également massivement dans les infrastructures (énergie, chemins de fer, routes etc.).

L’économie éthiopienne a affiché une croissance soutenue en 2015 de 8,7 % contre 10,3 % en 2014.

Les perspectives pour 2016 sont moins favorables en raison de la sécheresse qui a affecté la production agricole. Rappelons que le secteur agricole est important pour l’économie du pays car il représente près de 42% du PIB et 80 % des exportations. En 2016, la croissance économique va ralentir mais restera robuste à 5 %  soutenue par des investissements dans les infrastructures dans le cadre du deuxième Plan pour la croissance et la transformation de l’Éthiopie.

 : Diversification économique et grands projets structurants

Le Cameroun a enregistré une croissance continue depuis 2009, passant de 1,9 % en 2009 à 5,9 % en 2015 soutenue  par des investissements en infrastructures et le regain de la production pétrolière. Les perspectives pour 2016 restent favorables avec une croissance de 4,5 % tirée par les investissements en infrastructures et les services.

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Risque de surendettement et détérioration des équilibres courants et budgétaires

En Éthiopie, le déficit courant s’est aggravé en 2015 à -12,8 % du PIB à la suite du recul des exportations de biens et services et de la progression des importations. Après avoir bénéficié de l’allégement de sa dette dans le cadre de l’ initiative d’allégement destinée aux pays pauvres très endettés, l’Éthiopie a vu sa dette brute passer de 103 % du PIB en 2004 à 36 %du PIB en 2009.

Toutefois, le faible niveau d’épargne et les besoins de financement des infrastructures publiques ont entraîné une nouvelle  hausse de l’endettement qui a atteint 48,6 % en 2015. La dette devrait poursuivre sa progression en 2016 à 55,4 % du PIB, augmentant ainsi le risque de sa soutenabilité. C’est tant le niveau que la croissance de l’endettement qui inquiète.

La progression de la dette publique camerounaise constitue une vulnérabilité

La situation budgétaire au Cameroun s’est détériorée au cours des dernières années à la suite de la chute des cours du pétrole et de la hausse des dépenses d’équipement dans le cadre des projets d’infrastructure. Après avoir bénéficié d’un important allégement de sa dette dans le cadre de l’initiative d’allégement destinée aux pays pauvres très endettés, le Cameroun s’est rapidement ré-endetté, faisant passer sa dette brute de 9,7 % du PIB en 2008 à 33,5 % en 2015. Cette forte progression de la dette publique au Cameroun est inquiétante même si le niveau reste viable.

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La résilience des économies éthiopienne et camerounaise repose notamment sur la diversification économique et sur les choix d’investir massivement dans des infrastructures. Toutefois, ces deux économies demeurent vulnérables aux aléas climatiques, à l’évolution des cours des matières premières, à la détérioration des comptes publics et extérieurs, au risque de surendettement et à l’insécurité qui persiste dans leurs régions respectives.