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INDICE MONDIAL DU BONHEUR : LES AFRICAINS SERAIENT LES MOINS HEUREUX.

Les enfants mauriciens Source: indian-ocean.com

Chaque année, le Réseau des solutions pour le développement des Nations Unies publie le World Happiness Report qui mesure l’indice mondial du bonheur. L’objectif du rapport est de fournir aux dirigeants un outil pour améliorer le bien-être de la population.

L’indice mondial du bonheur 2018, portant sur 156 pays se base sur 38 indicateurs dont six d’entre eux sont considérés comme étant objectifs. Il s’agit du PIB, de l’espérance de vie, de la confiance mesurée à travers la perception d’une absence de corruption dans le pays, du soutien social mesuré par l’appui de quelqu’un sur qui compter en cas de difficultés, de la générosité estimée à partir des dons reçus et de l’impression de liberté dans ses choix de vie. D’autres indicateurs plus subjectifs ont été pris en compte comme le sentiment de sécurité, l’inquiétude ou le stress.

La méthodologie utilisée consiste à demander à un échantillon d’environ 1000 personnes par pays de répondre à une série de questions sur la perception de leur qualité de vie sur une échelle de 0 à 10.

Selon l’édition 2018 du World Happiness Report, seuls 7 pays africains se classent dans les 100 premiers pays où les citoyens sont les plus heureux. Parmi les dix pays où les citoyens se décrivent les plus malheureux, sept se situent en subsaharienne.

Dans le classement mondial, ce sont les pays scandinaves, la Finlande (1er), la Norvège (2e), le Danemark (3e) et l’Islande (4e) qui occupent les quatre premières places du classement, suivis de la Suisse (5e), des Pays-Bas (6e), du Canada (7e), de la Nouvelle-Zélande (8e), de la Suède (9e) et de l’Australie (10e).
Sur le africain, (55e rang mondial) est le pays le plus heureux. La arrive en deuxième place (70e rang mondial) suivie de l’Algérie (84e), du (85e), du Nigéria (91e) et de la (98e).

Parmi les dix pays où les citoyens se décrivent comme les plus malheureux, sept se situent en Afrique subsaharienne. Il s’agit du (156e), de la (155e), du du Sud (154e), de la (153e), du (151e), du Libéria (149e) et du (147e). La Syrie (150è) et le Yémen (152è), pays ravagés par la guerre civile complètent le portrait.

Toutefois, ce classement pour certains pays africains surprend. Ainsi, la Libye (2e) et la Somalie (6e), pays ravagés par des guerres civiles, se classent parmi les plus heureux en Afrique.
Selon les auteurs du World Happiness Report, le bonheur peut être considéré comme un indicateur du progrès social et un objectif des politiques publiques. Souvent considéré comme subjectif, le bien être dépend beaucoup du comportement pro-social des membres de la société.

Les sociétés ayant atteint un niveau de capital social élevé, synonyme de confiance généralisée, de bonne et de soutien mutuel entre les individus, atteignent facilement un niveau élevé de bien-être en encourageant des systèmes de soutien social, la générosité, le bénévolat et l’honnêteté dans l’administration publique.

Dans le cas contraire, les sociétés au capital social faible, déchirées par la méfiance et la malhonnêteté doivent redoubler d’efforts en investissant dans le capital social à travers l’éducation, les codes professionnels de conduite, le désaveu public des contrevenants à la confiance citoyenne et les politiques publiques pour réduire les inégalités.

Des progrès inégaux en Afrique subsaharienne depuis 2008-2010

Sept pays, principalement en Afrique de l’Ouest, ont réalisé des progrès remarquables par rapport au classement de 2008-2010. Il s’agit du (+1,2 points), du (+0,5), du (+0,5), du (+0,5) et de la Cote d’Ivoire (+0,5). Le Maroc (+0,9) et le (+0,7) ont également enregistré de bonnes performances.
Toutefois, cinq pays, essentiellement de l’Afrique australe et de l’Est ont affiché des reculs par rapport à la période 2008-2010. Il s’agit du Malawi (-1,6 points), du (-0,9), du (-0,9), du Rwanda (-0,8) et du Burundi (-0,8).

Les immigrants en Afrique sont aussi malheureux que les natifs locaux

Le rapport a constaté une remarquable concordance entre le bonheur des immigrants et celui des personnes nées au pays. Ainsi, parmi les dix pays dans lesquels les immigrants sont les moins heureux, huit pays sont africains. Il s’agit du Togo (116è rang), du Rwanda (115è), de la Cote d’Ivoire (114è), des (113è), du Soudan du Sud (112è), de la Guinée (111è), du Benin (109è) et du (108è). La Syrie et la Géorgie complètent la liste.

LES INÉGALITÉS NUISENT À LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE À LONG TERME ET EXACERBENT LES CONFLITS EN AFRIQUE

Source: Programme des Nations Unies pour le développement

Les travaux du Fonds monétaire international  (FMI) et du Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) montrent que l’ subsaharienne est l’une des régions du monde, avec l’Amérique latine, où les inégalités sont les plus prononcées malgré une forte économique au cours des 25 dernières années. Elle abrite 10 des 19 pays les plus inégalitaires au monde.

Certaines économies africaines affichent des niveaux d’inégalité très élevés qui s’expliquent par une concentration des terres aux mains de quelques personnes et un accès limité aux biens agricoles. Il s’agit principalement de l’Afrique du Sud, de la , du , du , de la , du et de la . D’autres facteurs sont à l’origine des inégalités dans la région, principalement la structure dualiste de l’économie, la forte concentration en capital physique, en capital humain ainsi que le rôle de distribution limité de l’État.

Les travaux du PNUD identifient les principaux moteurs de l’inégalité en termes de capacités humaines, notamment la participation inégale à la vie politique et économique; l’accès inégal aux ressources économiques, financières et naturelles; l’absence de sécurité humaine ainsi que le manquement aux droits de l’homme.

Les inégalités nuisent à la croissance économique et à la cohésion sociale

Selon une étude du FMI, la croissance du PIB réel par habitant en Afrique subsaharienne pourrait gagner près d’un point de pourcentage  par an si les inégalités étaient ramenées aux niveaux observés dans les pays asiatiques.

Par ailleurs, les inégalités élevées ont des impacts négatifs sur la stabilité politique et la cohésion sociale en exacerbant les conflits et les tensions internes. L’Afrique abrite 11 des 20 pays où la probabilité de conflits est la plus élevée dans le monde. Selon le PNUD, le risque de conflit est plus élevé dans les pays inégalitaires  et pauvres.

Enfin, l’inégalité de revenus renforce les inégalités en matière de santé, d’éducation, d’emploi, de participation politique et de  sécurité.  Le chevauchement de ces inégalités perpétue l’exclusion et la privation toute la vie.

Plaidoyer pour une croissance inclusive dont les retombées sont mieux réparties

La couverture de la protection sociale en Afrique est encore trop faible pour réduire sensiblement les inégalités. Plusieurs travaux de recherche montrent que ce n’est qu’en s’attaquant aux inégalités de revenus qu’il sera possible de réaliser une croissance durable et inclusive.

Bien que la situation de chaque pays nécessite une approche spécifique à son contexte, ces recherches convergent sur une série de mesures qui permettraient de faire reculer les inégalités. Les principales étant : l’accélération du développement humain axé sur l’éducation au secondaire, les services de santé et les projets favorables aux femmes; l’amélioration de la productivité agricole, un facteur important de la réaffectation de la main-d’œuvre à d’autres secteurs de l’économie; les réformes structurelles visant la diversification de l’économie; l’investissement dans les infrastructures; l’amélioration de la protection sociale et de l’efficacité distributive des politiques budgétaires; ainsi que l’instauration de la bonne .